Paru en premier sur (source): journal La Presse
L’auteur de Malavita avait déjà rendu hommage au pouvoir de la fiction. Dans Saga ou même dans Toutes les histoires d’amour ont été racontées, sauf une. Son propre récit familial, raconté dans Porca miseria, a d’ailleurs l’air tout droit sorti d’un incroyable roman.
Publié à 12 h 30
Ici, il se glisse dans la peau d’un éditeur qui se voit contraint de déclarer faillite. Il ne reste plus qu’une nuit à Bertrand Dumas avant qu’il signe l’arrêt de mort de sa maison d’édition.
Il fait donc le bilan des 40 dernières années. Se souvient de tous les livres qu’il a publiés – ses enfants. Des best-sellers qu’il a laissé filer à cause de son mauvais flair, tout en rêvant d’être celui qui découvrirait le prochain génie littéraire.
De ces écrivains – souvent capricieux, parfois imbuvables – qui ont constitué sa seconde famille, au point de délaisser la sienne. Par pur masochisme, admet-il, il calcule le nombre d’heures qu’il a consacrées à la lecture au cours de ces quatre décennies : l’équivalent de six années complètes, un dixième de sa vie.
Malgré tout, la fiction à laquelle il a voué toute son existence et consacré même ses vacances n’aurait-elle pas le pouvoir de le sauver au dernier moment ?
Face à son désespoir et à la succession d’écrivains fictifs et de romans qui défile dans ses souvenirs, Tonino Benacquista peine à nous faire ressentir la moindre émotion envers ce personnage à la verve intarissable et aux phrases grandiloquentes. Et c’est bien dommage.
Tiré de faits irréels
Gallimard
184 pages





