Paru en premier sur (source): journal La Presse
La comédienne Charlotte Aubin a fait ses premiers pas poétiques en 2018, avec Paquet de trouble. Elle récidive avec Toute ou pantoute, dans lequel elle s’intéresse à la rupture amoureuse, aux insécurités et à la quête de soi.
Mis à jour à 11h00
Loin des envolées lyriques, Aubin choisit une langue terre à terre, voire cynique. Elle se place en observatrice lucide de ses propres vulnérabilités, tout en offrant un miroir à ceux qui vivent des émotions similaires.
Sa poésie frappe par sa simplicité. Il n’y a pas de détour pour enjoliver la réalité ; les mots sont crus, sans fard, comme un baume de vérité appliqué sur des plaies encore à vif. « On a acheté des cossins / on s’est chicané / on a manqué d’électricité / et deux trois bonnes occasions de se taire. » Les lecteurs y trouveront une résonance immédiate : la rupture, la douleur, les doutes : tout est livré sans filtre. Cette brutalité maîtrisée donne à ses textes une dimension thérapeutique.
Aubin nous fait naviguer à travers ses réflexions intimes, mais dans un style qui reste proche, accessible, et surtout universel. « Les nuances du monde / sont pognés dans les gaines / des orages et du trafic. » Son ton rentre-dedans, parfois provocateur, reflète une certaine rébellion face aux attentes sociales et amoureuses. Mais derrière cette façade, il y a un appel à une plus grande honnêteté, envers soi-même et envers les autres.
Toute ou pantoute
Del Busso
87 pages






