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«Culbuter le malheur» : l’incommensurable brouhaha des morts

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En juin 1994, Beata Umubyeyi Mairesse a 15 ans lorsqu’elle est évacuée, aux côtés de sa mère, de Butare, sa ville natale. Rescapée du génocide contre les Tutsis au Rwanda, elle vit désormais à Bordeaux où, écrit-elle, « il n’y a pas un jour qui passe sans que ce printemps de cendre et de sang fasse irruption dans notre esprit ou mette notre sommeil en charpie ».

Depuis 2015, elle a publié des recueils de nouvelles, de poésie, deux romans et un récit, mue par la volonté de « parler, écrire, raconter pour ne pas se laisser ensevelir par le silence des uns, la logorrhée négationniste des autres ou, tout simplement, l’indifférence du monde ». Voilà bientôt trente ans que cette femme s’inscrit dans une « tentative quotidienne de culbuter le malheur ». Culbuter le malheur, c’est précisément le titre d’un recueil de poésie qu’elle fait paraître ces jours-ci, et pour lequel Le Devoir l’a rencontrée, en visioconférence.

À bras-le-corps  

Le temps est relatif et, écrit-elle, « c’est si court trois mois, mais désormais pour nous c’est toute une vie ». Néanmoins, les sillons de la mémoire bénéficient du passage du temps et, admet-elle, « il y a une réflexion à faire sur ce que le temps fait à la mémoire, à notre façon de voir des expériences vécues ».

Du temps, c’est peut-être justement ce qu’il lui a fallu pour prendre la plume. Après avoir oeuvré au sein d’ONG internationales — elle a notamment vécu au Canada, en 2005-2006, où elle a fait de la recherche en santé des populations  à l’Université

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Titre: Culbuter le malheur

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