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En juillet, la Librairie Panache a suspendu ses activités dans le but de repenser son modèle d’affaires. Depuis le début du mois de septembre, plus rien n’est visible dans les locaux de l’établissement, les livres ont disparu des étagères. Ce nouveau développement suscite encore plus d’interrogations quant à l’avenir même de l’unique librairie francophone dans le Grand Sudbury.
La Librairie Panache est pour l’instant fermée. L’espace a été vidé
, confirme Denis Bertrand, directeur général de la Place des Arts (PDA) du Grand Sudbury.
L’été dernier, la librairie avait déjà annoncé la suspension de ses activités, indiquant qu’elle devait restructurer son modèle d’affaires.
Les quatre [organismes] partenaires ont choisi de mettre une fin ou une suspension des activités de [la Librairie] Panache en attendant de déterminer quelles autres formes cette présence-là pourrait prendre
, réitère M. Bertrand.
Ouverte en 2024, la librairie est sous la responsabilité de quatre organismes franco-ontariens du Grand Sudbury : le Salon du livre du Grand Sudbury, la Place des Arts du Grand Sudbury, les éditions Prise de Parole, ainsi que le Carrefour francophone.
M. Bertrand précise que les activités littéraires se poursuivront malgré tout dans l’espace de la PDA du Grand Sudbury, en particulier avec le Salon du livre du Grand Sudbury.
On se dirige probablement davantage vers des activités d’animation autour du livre
, estime-t-il.
Denis Bertrand est directeur général de la Place des Arts du Grand Sudbury. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Des solutions concrètes
et de la transparence
réclamées
Des membres de la communauté réclament une mise à jour sur l’avenir de la librairie.
Henriette Dauphinais, une bénévole à la Librairie Panache, souhaite davantage de transparence
.
Elle affirme avoir envoyé environ quatre messages
aux responsables de la librairie, sans recevoir de réponse.
S’il n’y a pas de consultation, je trouve ça vraiment dommage qu’une décision soit prise dans un vacuum, à savoir ce qu’on en fait, mais sans qu’on puisse donner notre point de vue à ce sujet
Elle décrit la situation comme aberrante
.
Selon elle, plusieurs personnes sont prêtes à donner leurs avis.
Pour sa part, Mathieu Richard, le responsable des salons au sein de l’organisme Regroupement des éditeurs franco-canadiens, espère que des solutions concrètes
ressortiront de la restructuration du plan d’affaires.
Sudbury, qui est reconnu comme un véritable hub culturel franco-ontarien, ne peut pas se permettre de perdre cette librairie
Selon Denis Bertrand, le conseil d’administration de la PDA du Grand Sudbury, ainsi que les organismes responsables de la gestion de la librairie, entreprendront bientôt un processus de consultation auprès de la communauté, ainsi qu’auprès des partenaires potentiels.
Au mois de juillet, M. Bertrand avait indiqué que les quatre organismes qui s’occupent de la gestion de la librairie feraient une mise à jour sur son avenir à l’automne.
M. Bertrand réitère que les dirigeants de la librairie entameront des séances de consultations au cours des prochains mois.
Un projet de loi pour appuyer les librairies francophones en Ontario
Au même moment où la Librairie Panache réfléchit à son avenir, la députée provinciale d’Ottawa-Vanier Lucille Collard prévoit déposer un projet de loi privé afin de soutenir les librairies francophones en province.
Le projet de loi de la députée Collard imposerait aux institutions gouvernementales et paragouvernementales, comme les conseils scolaires, l’obligation de s’approvisionner en priorité auprès des librairies francophones.
Si le projet de loi passe, et je vais faire tout en mon pouvoir pour que ça réussisse, ça va leur permettre de survivre
, affirme la députée franco-ontarienne de la région d’Ottawa.
Je trouve que nos librairies franco-ontariennes sont un peu les gardiens de notre culture francophone sur papier. Je pense que c’est super important de les préserver et de les protéger.
Lucille Collard, députée provinciale d’Ottawa-Vanier, prépare un projet de loi dont bénéficieraient les librairies francophones en Ontario, inspirée par la législation québécoise.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Mongeon
Mme Collard indique que son projet de loi s’inspire d’une loi existante au Québec.
Elle dit travailler présentement avec les fonctionnaires provinciaux dans la rédaction de son projet.
Mathieu Richard partage l’esprit de l’initiative de Mme Collard, car il estime que les conseils scolaires ainsi que les organismes publics devraient s’engager à acheter des livres auprès des librairies francophones pour assurer leur vitalité.
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