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«Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles»: la nature du désir

Source : Le Devoir

Antoine et Roxane, deux acteurs, incarnent à l’écran l’amitié qui unissait le frère Marie-Victorin à son étudiante Marcelle Gauvreau. Devant les liens chastes et mystiques partagés par ces amoureux de la flore québécoise, les deux comédiens — qui ont entretenu une brève relation — sont contraints à s’interroger sur leurs propres rapports à l’intimité et à la nature.

En acceptant d’adapter pour le cinéma la correspondance entre l’homme de Dieu et son élève — un échange épistolaire datant des années 1930, qui décortique et analyse sous toutes leurs coutures la sexualité et les désirs humains —, Lyne Charlebois (Borderline, 2008) ne s’est pas contentée de plonger dans les aspects les plus romanesques de cette histoire d’amour et de reprendre les codes classiques du film biographique.

Par l’ajout d’une trame actuelle, elle parvient à souligner ce qui, encore aujourd’hui, détonne dans cette relation aussi sensuelle qu’intime : la capacité de s’ouvrir complètement, de s’abandonner, de faire preuve de curiosité à deux.

Même si les transitions entre les deux époques manquent parfois de fluidité, le jeu de miroirs atteint son objectif en forçant le spectateur à s’introspecter et à interroger la marchandisation et la superficialité des rapports amoureux contemporains.

Cette approche nostalgique omet de jeter un regard plus critique sur une ère où les mêmes amours étaient écrasés par le joug de la religion et où les inégalités criantes menaient à moult violences. Un choix discutable, mais pleinement assumé, qui fait le pari de la tendresse, de la douceur et du romantisme.

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Titre: Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles

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