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L’écrivaine et professeure Claire Legendre, ainsi que l’animateur de Réfléchir à voix haute et écrivain Jean-Philippe Pleau, membres du jury du Prix du récit Radio-Canada 2026, vous offrent quelques conseils bien avisés pour rédiger un récit.
Écrire, c’est une chose, mais envoyer ses textes à un concours pour les soumettre à un œil critique, c’est autre chose. C’est un geste qui peut changer un destin. Claire Legendre en est la preuve. J’ai gagné un concours de nouvelles quand j’avais 17 ans, c’est comme ça que j’ai rencontré mes premiers éditeurs.
Quand on est assez patient et persuadé que ce qu’on fait en vaut la peine, écrire un texte, c’est aussi le partager lorsqu’il est fini. Les prix de Radio-Canada représentent une belle occasion de s’ouvrir au monde.
Ces prix permettent aussi aux autrices et auteurs d’être lus, car c’est généralement pour ça qu’on écrit. Et un jury, c’est d’abord un groupe de lecteurs et de lectrices. À mon sens, c’est autant une bonne idée de nous faire lire votre texte que de le faire lire à vos amis, à la différence qu’au bout du compte, dans le cadre de ce processus, ça pourrait vous valoir un prix
, ajoute Jean-Philippe Pleau.
Pour participer au Prix du récit Radio-Canada, envoyez votre texte au plus tard le 1er mars 2026 à 17 h (HE).
Un récit, c’est la vie
Le récit est un style qui touche particulièrement Jean-Philippe Pleau comme lecteur. Il loue la capacité de ce type de texte à faire ressentir une histoire plutôt que de l’expliquer
. Et quand il enfile sa casquette de sociologue, l’animateur apprécie ce style littéraire qui révèle la valeur symbolique des faits et des événements, et qui en fait vivre le sens chez la lectrice ou le lecteur.
Pour Claire Legendre, cependant, le récit n’a pas de style particulier. C’est le terme le plus large, le plus inclusif qu’on puisse trouver pour dire qu’un texte raconte une histoire.
L’écrivaine et professeure Claire Legendre est membre du jury du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa
Qu’est-ce qu’un bon récit?
Pour composer un récit qui va retenir l’attention du public, il faut répondre à plusieurs critères. Évidemment, pour que les gens le lisent, le premier critère est que l’histoire soit intéressante. Il faut que le texte soit incarné
, précise Claire Legendre.
Une fois qu’on tient l’histoire, il faut l’écrire, la mettre en mots et choisir les bons! Il faut avoir très envie de le faire, et avoir la patience (l’orgueil aussi) de répondre à ce désir
, souligne Claire Legendre.
Jean-Philippe Pleau pense que chaque vie humaine est singulière et mériterait qu’on en fasse le récit. Il soutient que le regard personnel que l’on porte sur nos histoires, quel que soit ce regard, est en soi un bon critère.
L’auteur et animateur Jean-Philippe Pleau est membre du jury du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa
Quand ce texte est soumis aux autres, chaque personne le reçoit selon son vécu, selon sa propre histoire. Les récits sont des coproductions entre les gens qui les écrivent et ceux qui les lisent
, ajoute Jean-Philippe Pleau.
Il ajoute qu’il faut oser se rapprocher le plus possible de la vérité qu’on souhaite raconter. Il y a dans le vrai et l’authenticité une manière de célébrer notre humanité à tous et à toutes.
À quoi s’attendre du jury?
Comment est-ce que ces deux membres du jury entrevoient leur travail de juge, puisque lire et juger sont des exercices un peu différents?
Claire Legendre sera entière, subjective, curieuse, mais aussi exigeante. J’aime la sincérité, les langues fluides qui permettent de plonger dans une histoire en entendant la voix de celui ou celle qui la raconte.
Jean-Philippe Pleau misera sur l’empathie, la bienveillance et la curiosité. Avec une casquette sur la tête, sans doute.
Vous savez maintenant à quoi vous en tenir!
Des récits marquants
Sans surprise, Jean-Philippe Pleau aime particulièrement lire des récits de transfuge de classe. Notamment pour la capacité qu’ils ont, souvent, de témoigner de parcours teintés de honte et qui, parfois, mais pas toujours, se transforment en fierté.
De son côté, Claire Legendre apprécie de nombreux récits, aux formes très différentes, notamment les textes d’Annie Ernaux. Elle donne aussi quelques titres : Fou de Vincent, d’Hervé Guibert; Le lambeau, de Philippe Lançon; Troubler les eaux, de Frédérick Lavoie; L’embaumeur, d’Anne-Renée Caillé; et Le drap blanc, de Céline Huyghebaert.
Vous écrivez des récits? Envoyez-nous vos textes inédits de 2500 mots maximum d’ici le 1er mars 2026 à 17 h (HE)!
Le CBC Nonfiction Prize dévoile également son jury, découvrez-le dès à présent! Si vous souhaitez soumettre un récit en anglais, consultez la page des CBC Literary Prizes (nouvelle fenêtre).






