Source : Le Devoir
Certains auteurs semblent immortels, d’autres sombrent dans l’oubli. Après un temps, qu’en reste-t-il ? Dans sa série mensuelle Faut-il relire… ?, Le Devoir revisite un de ces écrivains avec l’aide d’admirateurs et d’observateurs attentifs. Ceux-ci sont d’ailleurs nombreux à chérir la mémoire d’Hubert Aquin (1929-1977), qui fut non seulement une figure marquante de la littérature québécoise (Prochain épisode, Neige noire), mais aussi un incontournable des milieux culturels et militants du Québec des années 1960 et 1970. Car en plus d’être cinéaste, scénariste, essayiste, rédacteur en chef, éditeur et producteur, il a revêtu avec panache les habits de l’indépendantiste révolutionnaire. À ses risques et périls.
« C’est parce que j’aime le lecteur que je le fais souffrir. Au fond, si la chose était trop facile, j’aurais ni plus ni moins passé un an, deux ans de ma vie à préparer une oeuvre fictive qu’il pourrait déchiffrer ou lire en une heure et demie, deux heures. »
Hubert Aquin s’exprimait ainsi devant Lise Payette, le 24 avril 1975, dans le cadre d’Appelez-moi Lise, talk-show très populaire à la télévision de Radio-Canada. Ces deux personnalités publiques se connaissaient très bien, et depuis longtemps, mais la retenue, voire la froideur, de l’écrivain n’échappait à personne. L’animatrice affichait l’ambition de le rendre « accessible », lui que certains qualifiaient d’hermétique, mais ce n’était pas la préoccupation première de l’auteur de L’invention de la mort.
Les priorités d’Hubert Aquin étaient multiples, à l’image de sa trajectoire professionnelle, jalonnée de coups d’éclat et de fonctions stratégiques (aussi bien à Radio-Canada qu’à l’Office national du
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