Source : Le Devoir
Certains auteurs semblent immortels, d’autres sombrent dans l’oubli. Après un temps, qu’en reste-t-il ? Dans sa série mensuelle Faut-il relire… ?, Le Devoir revisite un de ces écrivains avec l’aide d’admirateurs et d’observateurs attentifs. Cette semaine, place au cinéma, ou plutôt à l’art de la critique, avec l’une des plumes les plus connues de ce métier aux États-Unis dans la seconde moitié du XXe siècle : Pauline Kael (1919-2001). Elle a trôné au prestigieux magazine The New Yorker pendant quelques décennies, et son influence fut si grande que des générations d’apprentis ont cherché à l’imiter, et ses disciples furent surnommés les « paulettes ».
L’écrivain Norman Mailer l’avait baptisée « Lady Vinegar ». Le cinéaste John Cassavetes avait jeté ses souliers par la fenêtre d’un taxi. L’acteur Jerry Lewis disait qu’elle savait concocter « a personal poison ». Andrew Sarris, son éternel rival associé à l’hebdomadaire The Village Voice, affirmait que « Pauline is loved by people who don’t know about movies ». Ce qui, lorsque Pauline Kael était au sommet de sa popularité, regroupait un nombre considérable de cinéphiles… et de gens de l’industrie du cinéma, terrifiés devant son jugement sur leur travail.
Sarris, toujours lui, l’avait sacrée « Queen Bee of Film Criticism » : ce n’était pas tout à fait un compliment, mais on mesure aussi l’influence d’une personnalité au nombre et à la qualité de ses ennemis. Pauline Kael n’en manquait pas, grâce à sa plume exceptionnelle, ses observations abrasives (« Clint Eastwood, a delicious joke »), ses enthousiasmes débordants (Le dernier tango à
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