Source : Le Devoir
Certains auteurs semblent immortels, d’autres sombrent dans l’oubli. Après un temps, qu’en reste-t-il ? Dans sa série mensuelle Faut-il relire… ?, Le Devoir revisite un de ces écrivains avec l’aide d’admirateurs et d’observateurs attentifs. Cette semaine, place à celui qui a cumulé fonctions, titres, honneurs, et pseudonymes ! Mais qui est le vrai Roman Kacew (1914-1980) ? Plus d’une fois, il a changé son identité pour masquer ses origines russes et juives, ou pour faire sa place en France, un pays que sa mère idolâtrait. Cela lui a permis aussi de ridiculiser l’institution littéraire parisienne en remportant deux fois le Goncourt : en 1952 pour Les racines du ciel sous le nom de Romain Gary et en 1975 pour La vie devant soi sous celui d’Émile Ajar.
« Aimer quelqu’un, c’est l’inventer », répétait l’auteur de Gros-Câlin, ici Émile Ajar, une affirmation que ses détracteurs croyaient destinée à lui-même. En effet, l’allié indéfectible de Charles de Gaulle n’a cessé de se transformer : aviateur, diplomate, scénariste, réalisateur, il était prêt à tout pour combler sa soif de reconnaissance. Et d’autres diront : pour faire plaisir à sa mère.
Certains ont d’ailleurs vu une part de fabulation dans les descriptions de Romain Gary de l’amour démesuré de Mina Owczyńska pour son fils, évoqué dans La promesse de l’aube. Elle fut tout de même un puissant moteur pour nourrir les ambitions d’un enfant né à Vilnius, en Lituanie, ensuite exilé à Varsovie, en Pologne, pour finalement aboutir à Nice, à l’âge de 14 ans. C’est là, en 1921, que Roman Kacew
[...] continuer la lecture sur Le Devoir.





