Source : Le Devoir
Certains auteurs semblent immortels, d’autres sombrent dans l’oubli. Après un temps, qu’en reste-t-il ? Dans sa série mensuelle Faut-il relire… ?, Le Devoir revisite un de ces écrivains avec l’aide d’admirateurs et d’observateurs attentifs. Et des admirateurs, Frédéric Charles Antoine Dard (1921-2000) en avait des millions. Pourtant, la majorité d’entre eux ignoraient ce nom, craquant surtout pour son personnage le plus célèbre, San-Antonio, un commissaire à la langue bien pendue et un pseudonyme qui allait enrichir son créateur au point de lui faire de l’ombre.
Des pseudonymes, Frédéric Dard en possédait plusieurs (Max Beeting, Wel Norton, Frédéric Charles, etc.), réservant son nom pour les livres qu’il croyait susceptibles de séduire le jury du Goncourt ou de lui ouvrir les portes de l’Académie française — dans les deux cas, peine perdue. Quant à San-Antonio, celui qui coiffe 175 romans écrits entre 1949 et 1999 (sans compter les hors-séries et ceux écrits par son fils, Patrice Dard, après la mort du père), on raconte que Frédéric Dard avait tout simplement placé son doigt à l’aveugle sur une carte des États-Unis. En effet, pour écrire des romans policiers en France dans les années 1940 et 1950, un nom à consonance américaine était préférable. Il aura fallu qu’il pointe son doigt sur une ville du Texas, mais surtout une ancienne mission espagnole. Encore heureux qu’il ne soit pas tombé sur Paris…
Celui qui affirmait ne pas écrire pour des lecteurs mais pour des amis en avait beaucoup, particulièrement en France et dans toute la francophonie. Des
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