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«Festin boréal», poésie de la décomposition

Source : Le Devoir

Au coeur de la forêt, un orignal, souverain et majestueux, flaire un danger. Peu après, il est atteint d’une flèche à l’abdomen. En proie à la douleur, il persiste à avancer, à traverser un cours d’eau et à s’enfoncer sous le couvert des arbres, avant de s’effondrer au sol, offrant sa dépouille afin de perpétrer la vie qui l’entoure.

En symbiose ou en alternance, larves, mouches et coléoptères, corneilles, pygargues et vautours, renards, ratons laveurs, ours et loups viennent se délecter de la bête. Autour de ce banquet s’articule une chorégraphie organique et envoûtante, où chaque espèce, de la plus fragile à la plus menaçante, trouve sa place et son compte. Alors que les jours et les saisons se succèdent, l’orignal s’affaisse de plus en plus, jusqu’à disparaître complètement.

Avec Festin boréal, une autofiction aussi radicale que poétique, Robert Morin célèbre les dynamiques d’un écosystème équilibré à la perfection, dans lequel chaque mouvement, chaque conflit et chaque geste d’entraide s’enchaînent dans une logique implacable, seulement perturbée par l’hubris et l’arrogance de l’être humain.

Bien que la perspective d’observer un animal se faire dévorer les entrailles pendant 75 minutes puisse sembler peu ragoûtante, le film s’avère d’une grande beauté, suscitant émerveillement, surprises et remises en question chez un spectateur invité à s’abandonner à une contemplation méditative attenante à la transe.

Envoûtant

En entrevue, Robert Morin a témoigné des nombreux défis techniques et logistiques qu’a nécessités la portion documentaire de son oeuvre. Néanmoins, aucun de ces bémols n’est perceptible à l’écran. À

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Titre: Festin boréal

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