On croit tous connaître l’histoire : un jeune savant anglais donne vie à une créature qu’il rejette aussitôt, avant que le « monstre » ne se retourne contre son créateur et ne mène les deux êtres vers une destruction tragique. Mais la profondeur littéraire et philosophique du roman gothique de Mary Shelley (1797-1851) est inépuisable. Dans la foulée du film de Guillermo del Toro, adaptation particulièrement fidèle de Frankenstein, l’occasion est belle de le lire dans la magnifique édition de Monsieur Toussaint Louverture et dans une nouvelle traduction inédite de l’écrivaine Marie Darrieussecq. Entre histoire d’horreur et critique du monde moderne, Frankenstein ou Le Prométhée moderne constitue une formidable métaphore de l’acte créateur, mais aussi un texte à l’assemblage original, précurseur de la science-fiction. « L’invention, il faut humblement l’admettre, ne consiste pas à créer à partir du vide, mais à partir du chaos », écrivait Mary Shelley dans son introduction à l’édition de 1831.
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