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Depuis quatre jours, la romancière montréalaise Heather O’Neill défend le roman québécois L’avenir de Catherine Leroux, qui est toujours dans la course pour remporter la compétition télévisée Canada Reads, diffusée sur CBC.
Un livre a été éliminé chaque jour dans le cadre de ce combat des livres en direct, et c’est jeudi que nous saurons si The Future (la version traduite en anglais du livre de Catherine Leroux) remporte les honneurs.
Depuis lundi, autour d’une table ronde, l’animateur Ali Hassan accueille ses cinq panélistes. Le public sait depuis plusieurs mois quels sont les cinq livres à lire pour pouvoir entrer dans le combat des livres canadien-anglais.
Les débats des cinq panélistes de « Canada Reads » 2024 se déroulent jusqu’au 7 mars.
Photo : CBC
Depuis lundi s’affrontent dans le ring l’actrice Kudakwashe Rutendo, qui présente le livre Shut Up You’re Pretty de Téa Mutonji (le deuxième livre qui est toujours dans la course), la créatrice et influenceuse de mode Mirian Njoh, qui vante les mérites de Meet Me at the Lake de Carley Fortune, l’ancien maire de Calgary Naheed Nenshi, qui soutient Denison Avenue de Christina Wong et Daniel Innes, le joueur de volley-ball Dallas Soonias, qui souhaite faire gagner le livre Bad Cree de Jessica Johns, et l’autrice émérite Heather O’Neill, qui tient en ses mains The Future, la version anglaise (traduite par Susan Ouriou) du roman L’avenir de Catherine Leroux.
Le roman « L’avenir », de Catherine Leroux.
Photo : Radio-Canada / Emilie Dessureault-Paquette
Il y a une ambiance très excitante qui entoure ce débat, dit Heather O’ Neill, en entrevue. Quand ton livre fait partie de la sélection, ça change tout.
En 2007, son premier roman, Lullabies for Little Criminals (La ballade de Baby), avait été choisi pour le combat Canada Reads par John Kristjan Samson (Nouvelle fenêtre) (chanteur du groupe The Weakerthans).
Il avait soutenu mon livre dans le débat et j’avais gagné, lance l’autrice, réjouie. Je me souviens d’être entrée à la mairie de Toronto quand je venais de gagner ce prix et il y avait une immense tablette sur laquelle plusieurs copies de mon livre se trouvaient et les gens pouvaient les prendre. C’était surréaliste pour moi et je pense que ça a changé quelque chose par rapport au succès de tous mes livres par la suite.
Heather O’Neill est notamment l’autrice de « Lullabies for Little Criminals », « The Girl Who Was Saturday Night » et « Lonely Heart Hotel ».
Photo : Radio-Canada / Claudia Hébert
La lecture de tout le monde
La compétition littéraire est intéressante à écouter et à regarder parce qu’on sent rapidement la passion qui s’empare de chaque lecteur.
Et cette frénésie est encore plus intéressante parce que le panel n’est pas formé d’experts des livres, dit Heather. On veut montrer aux Canadiens et aux Canadiennes que tout le monde peut ouvrir un livre et en parler. En tant qu’écrivaine, je suis une exception dans le panel de cette année. La nature du concours, c’est de faire en sorte que tout le monde puisse se reconnaître quelque part parmi les gens qui débattent.
Chaque panéliste possède sa propre histoire intime
avec le livre soutenu et cela fait en sorte que sa personnalité finit inévitablement par ressortir.
Cette année, quand elle a su qu’elle se joindrait à la table ronde, il n’y avait aucune autre avenue pour elle : en tant que Montréalaise, elle voulait choisir un livre québécois français pour Canada Reads. L’avenir de Catherine Leroux, dit-elle. Je sais que la littérature québécoise a des qualités qu’on ne trouve pas ailleurs. », »text »: »J’ai lu plusieurs ouvrages pour finir par choisir L’avenir de Catherine Leroux, dit-elle. Je sais que la littérature québécoise a des qualités qu’on ne trouve pas ailleurs. »}} »>J’ai lu plusieurs ouvrages pour finir par choisir L’avenir de Catherine Leroux, dit-elle. Je sais que la littérature québécoise a des qualités qu’on ne trouve pas ailleurs.
Il faut faire un saut dans le passé de près de 10 ans, en 2015, pour trouver un livre en français présenté dans sa version traduite à Canada Reads. Ru, de Kim Thúy, traduit par Sheila Fischman, avait alors été défendu par le critique de cinéma Cameron Bailey. Et il avait gagné la joute!
Kim Thúy a publié le roman « Ru » à l’automne 2009.
Photo : Libre Expression
Au-delà de son intérêt personnel pour les livres québécois, Heather O’Neill souhaitait redonner un peu au Québec
qui lui a tant donné.
J’ai passé toute ma vie à Montréal et j’ai été énormément influencée par la littérature francophone. Même si j’écris en anglais, quand on me demande d’où viennent certaines sensibilités aux mots qu’on ne trouve pas souvent en anglais, je réponds toujours que c’est parce que j’ai lu beaucoup de livres québécois en français. C’est un monde magique, pour moi, la littérature québécoise.
Les critères d’un bon livre
Parmi ses préoccupations, il y avait d’abord le souci de sélectionner une œuvre dont elle pourrait parler durant les quatre jours du débat. Ça prend beaucoup de thèmes et d’idées pour soutenir le débat longtemps, explique-t-elle. Ce que j’aime le plus du livre de Catherine, c’est l’idée de la communauté qui se forme dans les endroits marginaux. Elle prend position contre cette idée que, quand il y a un désastre, tous les humains deviennent sauvages.
En plus d’être autrice, Catherine Leroux est éditrice pour la maison d’édition Alto.
Photo : Audrée Wilhelmy
Au cours de sa lecture de The Future, la panéliste a aussi apprécié la façon dont Catherine Leroux parle de la beauté dans l’enfance, même dans des contextes atypiques.
Évidemment, ceux qui ont lu le livre de Catherine comprendront que je ne pouvais pas éviter le sujet de la langue. Le dialogue est relevé et l’autrice réussit à exprimer l’importance de la manière dont on parle le français. C’est d’autant plus intéressant de souligner que la traduction anglaise préserve la magie entourant le thème du langage.
L’avenir se déroule dans une version alternative de la ville de Détroit. Quand elle a rencontré Catherine Leroux pour préparer son débat, Heather O’Neill est partie à la découverte de cette ville. Elle m’a invitée là-bas et elle m’a montré tous les endroits qui avaient été importants dans sa recherche pour le roman. Je suivais le chemin de son imagination et c’était un cadeau de voir ça
, raconte-t-elle.
Parmi les cinq livres présentés cette année, elle croit que The Future est celui qui utilise tous les crayons de la boîte
pour faire vivre les figures de style, les personnages et leurs discours. Elle a une imagination explosive qui ressemble à peu de choses que j’ai lues
, conclut Heather.
L’ultime épisode de Canada Reads 2024 (Nouvelle fenêtre) sera diffusé sur CBC Radio One, CBC TV, CBC Gem, CBC Listen et sur CBC Books ce jeudi 7 mars à 13 h.











