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«Je parle de vos silences», Simon Pinchaud

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La mémoire photographique révèle des réalités enfouies, souvent des moments de bonheur. Chez Simon Pinchaud, cet art a pour fonction de retenir le présent pour le porter dans un futur évanescent. Nouveau père, il ouvre les années qui viennent à cette frayeur d’une disparition qu’il sait inévitable. À partir de vieilles photographies qu’il défriche remontent vers lui les témoignages du père, d’un oncle, de ces témoins infaillibles de l’éphémère. « Je suis à l’orée d’un vaste lieu d’enfouissement », confie-t-il, désemparé. Défilent alors des récits poétiques, comme c’est le cas dans nombre de recueils actuels, et de la plus belle intensité. Son grand-père « perfectionne l’art de l’effacement ». Son père photographie l’auteur avec sa soeur et réussit à offrir une « vue imprenable sur [s]a ligne de vie. » Plus dramatiquement, le poète affirme que : « venir au monde / c’est habiller un mort ». Or, malgré tout, un souffle habite encore l’espoir, l’enfant en est forcément la cause, il le faut, car nous sommes « au bord de l’extinction / et pourtant / au carrefour du corps / la certitude brûlante / de ce qui résiste ».

Je parle de vos silences

★★★ 1/2

Simon Pinchaud, Le Noroît, Montréal, 2023, 96 pages

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Titre: Je parle de vos silences

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