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À l’occasion de la diffusion du Liseur sur ICI Télé le 25 octobre, à 23 h 30, revenons sur quelques rôles forts de l’actrice.
Si elle faisait un grand retour au cinéma dans Lee Miller en 2023, après quelques années de présence plus réduite, rappelons-nous pourquoi la britannique Kate Winslet a tant marqué les esprits depuis son premier rôle en 1994 dans Créatures célestes, de Peter Jackson.
Liberté et dilemme moral, dans Le liseur, de Stephen Daldry (2008)
C’est un rôle à Oscar, et fort logiquement, Kate Winslet l’a gagné. Mais Dieu sait qu’il fallait plus qu’un joli minois pour défendre et rendre émouvante Hanna Schmitz, d’abord imaginée par le romancier Bernhard Schlink. Heureusement, de la nuance, de la subtilité, de la force, Winslet en a. Et son portrait de cette femme illettrée, rattrapée par son passé d’ancienne gardienne SS du camp d’Auschwitz, et pétrie de honte et de culpabilité, est bouleversant, comme l’est cette question centrale au film : si l’on peut expliquer la monstruosité, peut-on aimer quelqu’un malgré qui il a été?
L’amour maudit et libérateur dans Titanic, de James Cameron (1997)
Winslet, qui a fait des pieds et des mains pour pouvoir obtenir ce rôle, n’a que 22 ans lorsqu’elle interprète Rose, survivante du naufrage du Titanic qui se souvient de ce voyage aussi dramatique qu’il a été libérateur pour elle. Romantique au sens premier du terme, véritable mastodonte du cinéma mondial, Titanic l’impose – et avec elle Leonardo DiCaprio – comme une star mondiale, dont l’image sera – pour toujours? – celle d’une femme qui ne craint pas les aventures, prête à tout pour être libre et d’une détermination à toute épreuve.
La liberté de (ne pas) se souvenir, dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind, de Michel Gondry (2006)
Elle y change de couleur de cheveux sans arrêt, mais une chose reste stable : son talent inouï, unique, à savoir porter des rôles ultrasentimentaux, sans jamais les faire basculer dans un sentimentalisme gnangnan. Retombée amoureuse d’un homme qu’elle a décidé d’effacer de sa mémoire, sa Clémentine, comme sa Rose, est certes une jeune femme amoureuse, mais surtout une jeune femme décidée à maîtriser son destin, aussi fougueuse qu’irrésistible.
L’amour interdit, dans Little Children, de Todd Field (2006)
Une femme en banlieue s’ennuie dans sa vie trop propre, trop lisse. Un voisin plus entreprenant et charmant que les autres débarque, et voilà Sarah aux prises avec un dilemme terrible : rester ou tout quitter avec lui. Si les premières performances de Winslet soulignaient la liberté des héroïnes, celle-ci met l’actrice sur le chemin d’une maturité nouvelle, où la femme n’est plus idéaliste et fonceuse, mais doit composer avec les réalités d’une vie « normale », celle-là même qui parfois empêche les grands destins. Winslet, face à Patrick Wilson, y est merveilleuse de densité et de complexité.
L’amour qui ne donne pas autant d’ailes que voulu, dans Les noces rebelles, de Sam Mendes (2008)
La boucle est bouclée, puisque dans ce film trop peu vu, les amants maudits se retrouvent. Face à DiCaprio, Winslet est cette fois une bonne épouse et mère de famille dans les années 50. Mais si son couple adopte les conventions de l’époque, tous deux rêvent aussi d’autre chose, de moins étouffant, de plus épanouissant. Rose et Jack, s’ils avaient grandi ensemble (oui, il y avait de la place sur la planche de bois!), se seraient sûrement posé les mêmes questions. Et encore une fois, en femme qui supporte mal de n’être que spectatrice de sa propre vie, Winslet est d’une justesse proprement épatante.
Le liseur, à voir sur ICI Télé le 25 octobre, à 23 h 30. La bande-annonce (source : YouTube)
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