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« L’Histoire prouve malheureusement que la guerre est l’état naturel du genre humain (…). La paix, pour chaque nation, n’est qu’un répit », déplorait Joseph de Maistre dans ses Considérations sur la France (1797). Et le comte de dresser la liste des rares périodes où l’épée rentre au fourreau, maigre liste. La guerre aussi a ses temps morts.
Sans durée exceptionnelle, cent ans ou six jours, sans s’autoriser d’un motif auguste (par exemple la succession d’Espagne, 1701-1714), la guerre de Trente Ans (1618-1648), véritable guerre civile européenne, mériterait pourtant l’appellation de « mégaguerre », comme il y a des mégafeux ou des mégatonnes. Ouverte en 1618 par la « défenestration de Prague », qui vit les envoyés du saint empereur romain germanique choir de 17 mètres dans les douves du Hradschin, « close » en octobre 1648 par le traité de Westphalie, elle confronta, de la Suède à la Suisse, d’abord le catholicisme impérial des Habsbourg au nationalisme bohémien et aux princes protestants germaniques, puis, peu à peu, au fil d’alliances et de contre-alliances, la France de Richelieu à l’Espagne d’Olivares, la Suède de Gustave-Adolphe à la papauté romaine ou à l’Angleterre de Cromwell.
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