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Dans La désinvolture est une bien belle chose, Philippe Jaeneda se livre à une passionnante enquête sur la mort d’une femme de 20 ans survenue en 1953.
Publié à 1h11
Mis à jour à 20h00
Paris, novembre 1953. Jacqueline Harispe, dite Kaki, 20 ans, ex-mannequin chez Dior, tombe de la fenêtre de sa chambre du cinquième étage d’un hôtel miteux. Accident, meurtre ou suicide ? Dunkerque, février 2023. Philippe Jaeneda, qui a découvert l’existence de Kaki en écrivant Au printemps des monstres (Points, 2022), entreprend de lever le voile sur la mort de la reine de Saint-Germain-des-Prés.
Prenant la forme d’un voyage autour de la France, où le romancier s’attarde à décrire avec un sens du pittoresque les bars, restos et hôtels où il s’arrête, La désinvolture est une bien belle chose fait revivre la faune qui évoluait au café Chez Moineau. Parmi ces jeunes gens, surnommés les Moineaux, se trouvaient Guy Debord, Patrick Straram, dit le Bison ravi, ainsi qu’André et Minou Petrowski, parents de Nathalie.
Captivante, dense, minutieuse jusqu’à l’obsession, l’enquête romanesque dépeint avec force détails les mœurs d’une jeunesse anticonformiste issue pour la plupart de familles éclatées. Ce faisant, l’auteur dévoile les dures conditions de vie des jeunes filles qu’on plaçait dans des foyers tenus par des religieuses.
Au fil d’un récit truculent, où il se moque de sa manière d’écrire, Philippe Jaeneda se fait si tendre à l’endroit de ces Moineaux qu’à son instar, on se prend d’affection pour ces garçons et filles immortalisés dans Love on the Left Bank du photographe Ed van der Elsken.
La désinvolture est une bien belle chose
Miallet-Barrault Éditeurs
498 pages





