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La disparue du lac Hjälmaren | Dans la lignée des meilleurs romans policiers suédois

Paru en premier sur (source): journal La Presse

Quand on dévore les polars scandinaves depuis le tout premier Kurt Wallander, découvrir un nouveau héros suédois est un peu comme fêter Noël en plein mois de juillet.

Mis à jour à 7h00

L’autrice Anna Jansson a commencé à écrire des romans policiers il y a plus de 20 ans, alors qu’elle travaillait encore comme infirmière. Sa série avec la détective Maria Wern a connu un grand succès et a été adaptée en série télévisée, en Suède ; mais elle a été très peu traduite en français, avec seulement quatre titres publiés par un petit éditeur français.

Que la maison québécoise Saint-Jean décide donc de faire traduire – ici, de surcroît – le premier titre de sa plus récente série avec l’inspecteur Kristoffer Bark est une excellente nouvelle.

Le roman s’ouvre alors que l’enquêteur arpente le rivage du lac Hjälmaren, où sa fille a disparu il y a cinq ans, jour pour jour. Depuis cette soirée où elle est montée dans une barque sur le lac, lors de son enterrement de vie de jeune fille, Vera s’est volatilisée sans laisser de traces, tandis que l’amie qui l’accompagnait a été retrouvée noyée. Tout le monde pense que Vera a connu la même fin, sauf Kristoffer Bark, qui est convaincu qu’elle a été victime d’un crime ; mais tant qu’il ne retrouve pas son corps, il refuse de faire son deuil, car c’est le genre de policier obstiné qui ne lâche pas le morceau – même sous la contrainte de ses supérieurs. Alors il continue à enquêter en douce.

Lorsqu’il réussit à se voir confier une autre affaire non résolue, en tous points semblable à la disparition de sa fille, il se met en tête que le même coupable est derrière les deux crimes.

Kristoffer Bark est un héros typique des romans policiers scandinaves : bourru, solitaire et en proie à des accès de rage incontrôlables qui lui causent d’étranges absences. Mais il ne touche pas à une seule goutte d’alcool et s’occupe avec bienveillance de son ex-femme qui souffre d’alcoolisme et de toxicomanie. Et le fait qu’il soit conscient de ses défauts, sans compter son dévouement pour celles qui lui sont chères, en fait un personnage particulièrement attachant.

Ce qui nous a happée par-dessus tout, c’est l’ambiance complètement envoûtante et absolument terrifiante que l’autrice réussit à créer dans ces lieux isolés en bordure du lac. C’est le genre de polar qu’on lit en retenant son souffle et sans voir le temps passer.

On ne peut cependant passer outre au fait que la traduction (qui a été faite à partir de l’anglais plutôt que du suédois) a laissé quelques ratés, entre autres cette référence « à Skåne » qui revient à plusieurs reprises, comme si la région était une ville, alors qu’il s’agit en fait de la Scanie.

Cela dit, on attend tout de même avec hâte de retrouver l’inspecteur Kristoffer Bark dans le deuxième titre de la série, Cette ombre derrière toi, qui arrivera en librairie au courant de l’automne.

La disparue du lac Hjälmaren

La disparue du lac Hjälmaren

Anna Jansson (traduit de l’anglais par Danielle Charron)

Saint-Jean

418 pages

8/10

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Titre: La disparue du lac Hjälmaren

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