Source : Le Devoir
Dès les premières minutes de l’entrevue, Romain Huët lève toute ambiguïté : même s’il s’est souvent intéressé à des thèmes liés à la violence, il n’est pas fasciné par la guerre. Au contraire, l’enseignant en sociologie à l’Université de Rennes, en France, l’exècre du plus profond de son coeur. Si son nouvel ouvrage, La guerre en tête. Sur le front de la Syrie à l’Ukraine, entre de plain-pied dans ces deux conflits de notre temps, c’est pour mieux en révéler les ravages et les blessures.
« Ce ne sont pas les militaires de carrière qui m’intéressent dans mes recherches, mais plutôt des gens anonymes dont faire la guerre n’est pas le métier, mais qui, soudainement, se retrouvent à devoir réagir à la violence du monde », déclare-t-il au téléphone. « Je voulais saisir les motivations intimes qui poussent quelqu’un à prendre les armes pour tuer ou à mourir pour des raisons politiques. »
Il n’y a pas de réponse toute faite, admet l’universitaire. Ce n’est pas de l’ordre de la raison, mais plus de l’émotion. Dès le début de l’invasion russe en Ukraine en 2022, il raconte le récit d’un homme qui s’enfuit de Kharkiv avec sa famille pour rejoindre la ville de Lviv à l’ouest du pays. « Au bout d’un moment, il retourne en train vers l’est parce qu’il ne supportait pas d’avoir laissé derrière lui ses amis et sa ville. »
Contrairement à beaucoup de chercheurs qui élaborent leur travail d’enquête en suivant un plan méthodique, Romain Huët dit fonctionner autrement, plus guidé par une volonté de
[...] continuer la lecture sur Le Devoir.






