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On fait des traces, le nouveau recueil des Éditions du Blé, a été officiellement lancé mercredi à la brasserie Kilter, au cœur de Saint-Boniface.
L’ouvrage regroupe 10 nouvelles écrites par 10 jeunes franco-manitobains, sous l’impulsion de Marie Berckvens, l’actuelle directrice générale des Éditions du Blé, à l’initiative du projet.
Selon Katrine Deniset, coordinatrice du projet et directrice générale par intérim des Éditions du Blé, l’idée est de diversifier le réservoir pour avoir de nouveaux auteurs et de nouveaux lecteurs.
L’idée, c’est de brasser la cabane et de ramener du nouveau monde.
Souvent, la littérature n’est pas super attractive pour les jeunes. Il y a peut-être quelque chose d’isolant qui est associé à la littérature. Et là, c’est pour dire que non, les jeunes ont leur place aux Éditions du Blé
, souligne Katrine Deniset.
Katrine Deniset, autrice, coordinatrice du projet et directrice générale par intérim des Éditions du Blé
Photo : Katrine Deniset
Pour ce faire, de septembre à décembre 2025, le projet Collectif Génération d’encre a réuni les jeunes autour de huit cercles d’écriture pour mettre sur pied un recueil collectif.
Le titre du recueil, On fait des traces, est une expression bien connue dans les Prairies qui signifie prendre la route
ou changer de direction
.
Accompagnés par l’autrice Anne-Marie Turcotte, les jeunes plumes ont réfléchi à des histoires sur la notion d’identité et de territoire.
Le recueil de nouvelles «On fait des traces» des Éditions du Blé a été lancé mercredi 25 février 2026.
Photo : Katrine Deniset
L’identité et le territoire, des thèmes personnels
À la brasserie Kilter, pendant environ 2 heures, les 10 écrivains ont à tour de rôle lu un passage de leur nouvelle. La séance a été suivie d’un cabaret littéraire au cours duquel le public a pu poser des questions aux jeunes.
Les thèmes de l’identité et du territoire, ainsi que le rapport que les auteurs entretiennent avec ces notions sont souvent revenus lors des échanges.
Même si les histoires sont fictives, la vie personnelle de certains auteurs a influencé leurs écrits.
C’est le cas d’Axelle Oulé, qui est née au Canada de parents d’origines africaines.
C’était toujours le lieu, le territoire qui faisait un peu toujours partie de cette question identitaire dans ma vie
, affirme-t-elle.
Le son de cloche est le même pour Béatrice Vien, qui a grandi dans le nord de l’Alberta, dans une petite ville.
L’autrice Émilie Vermette a lu un extrait de sa nouvelle «Entre ses mains» lors de la soirée de lancement à la brasserie Kilter, le 25 février.
Photo : Katrine Deniset
Dans sa nouvelle, Tu reviendras, Mathilde, elle raconte l’histoire de deux sœurs qui, bien qu’elles aient eu le même parcours en grandissant, suivent deux chemins différents. L’une reste dans son village et doute d’avoir fait le bon choix, tandis que l’autre part subitement sans laisser de traces.
C’est un peu le sentiment que j’avais, être partagée entre vouloir partir et rester
, confie-t-elle.
L’autrice de la nouvelle Entre ses mains, Emilie Vermette, elle, a été longtemps déchirée entre la dualité linguistique au Manitoba.
Je suis fière d’avoir réalisé ce projet en français. C’est un aspect de mon identité que je ne veux pas vraiment perdre
, indique Emilie Vermette.
La coordinatrice du projet, Katrine Deniset, espère que ces jeunes ne s’arrêteront pas en si bon chemin.
Je souhaite qu’ils continuent d’écrire, de soumettre leurs propres œuvres aux Éditions du Blé, et continuent de faire partie de notre réservoir d’auteurs.





