Source : Le Devoir
Quatrième et dernier article d’une série consacrée aux livres qui cristallisent l’essence d’un quartier de Montréal. Cette semaine, on plonge dans les oeuvres de ceux qui ont immortalisé Hochelaga-Maisonneuve.
Symbole de tous les clichés associés à la pauvreté, exemple probant de l’embourgeoisement de Montréal, le quartier Hochelaga-Maisonneuve, situé à l’est du centre-ville, occupe une place importante dans notre imaginaire collectif. Son histoire, riche, hétéroclite, profondément québécoise, n’y est pas étrangère.
Nommé d’après une bourgade autochtone découverte au flanc du mont Royal par Jacques-Cartier, Hochelaga-Maisonneuve — HoMa, pour les gens branchés — a été pendant plus d’un siècle un secteur essentiellement ouvrier. Avant d’être annexée à Montréal, en 1918, la cité de Maisonneuve était même la cinquième ville industrielle du pays, et son patrimoine architectural témoigne encore aujourd’hui des ambitions de ses dirigeants politiques.
Cette prospérité économique a toutefois été mise à mal à la fin des années 1990, alors que le quartier a dû composer avec la fermeture massive d’usines et la perte de milliers d’emplois. Les ouvriers, vivant déjà dans des conditions précaires, sont contraints de quitter le secteur, ou de sombrer dans la misère. Durant des années, l’endroit sera associé tant à la pauvreté qu’à la criminalité.
C’est d’ailleurs la foisonnante histoire criminelle du quartier qui a incité David Goudreault à y imaginer Maple (Stanké, 2022), l’aventure d’une travailleuse du sexe à la verve colorée qui sort de prison au moment où une série de meurtres visant des prostitués s’abat sur Hochelaga. Se sentant « géographiquement interpellée »,
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