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«La nuit chienne», Rachel Yoder

Source : Le Devoir

En introduction de ce premier roman aussi original que sensoriel, une femme, déprimée, gratte une plaque de poils drus mystérieusement apparue dans le haut de son dos. Dans le miroir, son reflet lui renvoie un sourire rendu carnassier par deux canines de plus en plus pointues. Dans la vie comme dans la glace, elle ne se reconnaît plus. À travers le quotidien d’une mère qui, la nuit venue, se métamorphose en chienne, Rachel Yoder décline la solitude, l’aliénation, la culpabilité et l’absence d’accomplissement que réserve à celles qui élèvent des enfants une société axée sur le capital et la performance. Avec sa langue ciselée et truffée d’humour noir, l’écrivaine américaine plonge dans le lexique de la sorcellerie pour expliquer les mutations qu’engendre la maternité, ainsi que les impossibilités et frustrations qu’elle suppose. En dépit de quelques redondances, raccourcis et exagérations, elle pose une question fondamentale : vers quelle identité les mères se tournent-elles lorsque celles qui leur sont proposées ne tiennent pas la route ? À méditer collectivement.

La nuit chienne

★★★

Rachel Yoder, traduit par Hélène Borraz, Flammarion, Paris, 2024, 320 pages

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Titre: La nuit chienne

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