En rencontrant un jour de 1999 l’écrivain américain Philip Roth (1933-2018), « the big fuck you guy » et auteur célèbre tant de Portnoy’s Complaint (1969) que d’American Pastoral (1997), Marc Weitzmann ignorait que ce géant de la littérature allait devenir son ami et sa « boussole éthique et littéraire ». Une relation d’amitié autour de laquelle, pendant une quinzaine d’années entre Paris, Tel-Aviv et New York, il a organisé — « ou achevé de désorganiser » — son existence. Essayiste (Un temps pour haïr), romancier, ancien responsable des pages littéraires des Inrocks, Weitzmann mêle de manière vivante dans La part sauvage ses souvenirs à sa lecture de Roth, racontant leurs soupers réguliers au Russian Samovar de la 52e Rue de Manhattan, leurs échanges dans sa maison du Connecticut et en rappelant l’allergie qu’éprouvait cet écrivain aux origines juives envers le « narcissisme identitaire » qui se répand partout aujourd’hui. Un rappel des 25 dernières années où il fait au passage une radioscopie (parfois décapante) des sociétés française et américaine en pleine mutation. Un essai littéraire passionnant et d’une belle amplitude.
[...] continuer la lecture sur Le Devoir.





