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La poésie d’ici en quelques recueils

Le Devoir Lire

Noroît

Laurence Veilleux se penchera dans Aller au corps sur les rites funéraires, poursuivant une quête intime. Il s’agit de retrouver la parole, d’en parfaire les réminiscences quand on est devant la mort du père, ou d’une grand-mère ou encore d’une certaine Aurélienne. « Une fillette mime un cadavre / devant sa mère / retient une larme pour la douleur / une larme pour la ruse // un père enferme sa fille / au fond d’un cercueil / elle grandit / perchée dans la noirceur. » Comme toujours chez Veilleux, le sens poétique est en alerte. Nous y reviendrons sans doute. On s’en voudrait de ne pas souligner la parution en édition bilingue (traduction de Chantal Ringuet) de Plonger dans l’épave (Diving into the Wreck) d’Adrienne Rich. Ces poèmes de 1971-1972 ont permis à la poète d’être lauréate du National Book Award en 1974. Cette oeuvre radicale, qu’il fallait enfin traduire, draine tout un pan du féminisme nord-américain : « Je suis seule, / battant les dernières bûches en décomposition / avec leur étrange odeur de vie, pas de mort, / me demandant ce que tout cela aurait bien pu devenir. »

Le 7 octobre et 24 septembre

L’instant même

Deux recueils qu’il faut souligner. D’abord, Un inventaire des silences, qui scrute la difficulté d’un couple en rupture au moment même où une jeune femme et sa partenaire voulaient par ailleurs fonder une famille. La parole très actuelle de Marie-Ève Muller fait appel à une langue orale qui s’appuie sur un quotidien si proche qu’il fait ombrage. Entre une recherche d’un lieu de survie et l’obsession de l’en-aller, la parole se tisse. Au plus près : « Je

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