À votre service
Éditrice torontoise aux racines québécoises, Nita Prose (de son vrai patronyme Pronovost) plonge, pour son premier roman, dans la vague actuelle du personnage neuroatypique. Ici, la femme de chambre de La femme de chambre. Elle s’appelle Molly. Elle travaille dans un grand hôtel où, pour les patrons, elle est l’employée modèle. Elle applique les règles sans discuter, elle est discrète, elle est vaillante. Tant pis si ses collègues de travail n’apprécient guère son zèle robotique, son manque total d’humour, son incapacité à « lire » les comportements. Et voici qu’un beau matin, Molly trouve le richissime M. Black mort de mort pas naturelle dans une chambre. Bientôt soupçonnée de meurtre, elle se retrouve à enquêter, en compagnie de ses « amis » (notons les guillemets). Un « cosy mystery » qui séduit, non pas par son intrigue (somme toute assez simple), mais par son attachant personnage principal, son exploration des coulisses de l’hôtellerie de luxe et son atmosphère à mi-chemin entre un bon vieux Columbo et un tout neuf Only Murders in the Building.
Sonia Sarfati
La femme de chambre
★★★
Nita Prose, traduit de l’anglais (Canada) par Estelle Roudet, Calmann-Lévy, Paris, 2022, 428 pages
Des petits et des ogres
Julie Ewa, autrice de Les petites filles, continue, avec Jungle pourpre, de creuser ce sillon de l’ethno-polar grâce auquel elle met en avant des connaissances acquises sur le terrain et ses préoccupations sociales concernant les filles — souvent premières victimes des ferveurs religieuses, des violences, de la
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