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L’Alberta veut limiter les contenus « sexuellement explicites » dans les bibliothèques

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Le gouvernement de l’Alberta souhaite serrer la vis dans les bibliothèques publiques. Si son projet de loi 28, déposé jeudi, est adopté, les bibliothèques devront limiter l’accès à certains contenus jugés sexuellement explicites pour les mineurs de moins de 16 ans.

Bien que la province assure qu’il ne s’agit pas de censure, des bibliothèques publiques s’inquiètent.

Le projet de loi 28, déposé par le ministre des Affaires municipales, Dan Williams, vise à garantir que les enfants et les jeunes adolescents ne puissent pas accéder à des représentations visuelles explicites de rapports sexuels.

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Selon le ministre, cette mesure ne constitue pas une censure, mais plutôt une question de protection.

Le matériel pornographique payé par les contribuables ne devrait pas être à la portée des enfants lorsqu’ils vont à la bibliothèque pour lire pendant leurs temps libres, a déclaré le ministre Dan Williams.

Cette annonce fait suite aux directives précédentes du gouvernement, qui avait déjà ordonné le retrait de matériel jugé sexuellement graphique dans les bibliothèques scolaires de la province.

Les écoles de la province ont, par conséquent, retiré en tout 160 titres de leurs tablettes.

Inquiétudes dans le milieu

Bien que le gouvernement martèle qu’il ne s’agit pas de retirer des livres, la Coalition des bibliothèques publiques de l’Alberta (CAP) s’inquiète des effets sur l’autonomie décisionnelle des bibliothécaires et soutient ne pas avoir été consultée en amont du projet de loi.

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Par voie de communiqué, la coalition a transmis les résultats d’un sondage commandé entre le 16 et le 28 janvier, qui, selon elle, confirme que les Albertains ont confiance en leurs bibliothécaires.

On peut y lire que 82 % des Albertains font confiance à leur bibliothèque publique locale pour prendre des décisions appropriées concernant les documents mis à la disposition du public. De plus, 69 % des Albertains estiment que les décisions relatives aux livres devraient être prises localement par du personnel qualifié.

Il s’agit d’un échantillon probabiliste dont la marge d’erreur est de 3,3 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Les réactions politiques

Le maire d’Edmonton, Andrew Knack, soulève la question de la nécessité de telles mesures.

Ce n’est pas au gouvernement de décider quels livres devraient ou ne devraient pas se trouver dans les bibliothèques ni de l’endroit où ils devraient être placés. Vous savez, nous avons des bibliothécaires qui ont été formés pour savoir comment rendre l’information accessible de manière réfléchie.

Une citation de Andrew Knack, maire d’Edmonton

Je pense que la Bibliothèque publique d’Edmonton a été une référence absolue en la matière, et je m’inquiète donc que l’on vienne empiéter sur la façon dont ils organisent leur bibliothèque.

Le chef de l’opposition néo-démocrate, Naheed Nenshi, n’a pas mâché ses mots pour critiquer le projet de loi. Ce gouvernement, avec son déficit de 9,4 milliards de dollars et son incapacité à dépenser l’argent correctement, est maintenant en train de mettre sur pied une équipe d’inspecteurs de bibliothèques.

Selon lui, ce gouvernement croit qu’il doit dicter ce que les gens lisent, ce que les gens voient et ce que les gens pensent.

Avec les informations de Janet French

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Avec les informations de Janet French

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