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Le bonheur, de Paul Kawczak | De mémoire d’enfant

Paru en premier sur (source): journal La Presse

Le bonheur. Un titre qui peut sembler bien loin de son premier roman Ténèbre. Les lecteurs retrouveront toutefois le style tant apprécié dans son premier ouvrage qui a remporté plusieurs prix. Après avoir abordé la colonisation au Congo en 1890, Paul Kawczak nous plonge cette fois au cœur de la Seconde Guerre mondiale.


Publié à 7 h 00

Caroline Labrie

Le Quotidien

Trois enfants, Jacquot, Pinou et Suzanne, se cachent sous les ruines du château de Montfaucon à l’automne 1942. Dans cette grotte, on dit que le Diable y résiderait, et au-dessus de leurs têtes, un officier nazi, Peter Pannus, les traque. Il les soupçonnerait de posséder des pouvoirs qui pourraient changer le cours de la guerre.

La voix les hanta pendant des heures. Personne ne dormit. Toute la journée du dimanche, ils entendirent encore les soldats arpenter la forêt. […] Et la nuit à nouveau apporta ses fruits d’inquiétude, et la même voix, un peu plus tremblante peut-être, partout et nulle part comme le Diable, reprit possession du silence.

Extrait du roman Le bonheur

Un sujet lourd, troublant, mais une histoire où on touche par moments au bonheur. « On le cherche. Comme dans la vie. On a une intuition de savoir ce que c’est », philosophe l’auteur en entrevue.

« C’est un livre assez optimiste parce qu’il y a un enfant qui va grandir, suggère Paul Kawczak. Devenir artiste à sa manière. C’est aussi ça, le message : il faut tout faire pour protéger nos enfants. C’est un livre plus lumineux que Ténèbre. »

Il a raison. Et à travers ces trois personnages, il y a les adultes, à commencer par Mme Beugnot, qui les protègent. Il y a aussi l’âne au regard triste, le chien Bandit et Pinou lapin, des personnages plutôt fantastiques.

Tout comme dans Ténèbre, on se laisse porter par le récit qui mélange réalisme et magie. On fait confiance à l’auteur qui s’assure d’un atterrissage qui répond à tous nos questionnements.

Interrogation sur la violence

Paul Kawczak dit s’interroger sur la violence dans l’histoire occidentale. « On n’est pas sortis de cette violence, affirme-t-il. On n’a qu’à penser aux guerres ou à l’exploitation. Mon objectif n’est pas de faire culpabiliser les gens, mais plus de comprendre que nous ne sommes pas sortis de ce réflexe. »

Cette fois, c’est la Seconde Guerre qui s’est imposée, mais surtout, un volet très sombre de la France qui a été le seul pays à livrer des enfants à l’Allemagne nazie. « Le bonheur vient en fait de la COVID, explique Paul Kawczak. Pendant les confinements, j’étais en France, chez ma mère, et ça m’a donné l’occasion de prendre le temps, de me promener. »

Le chapitre intitulé 1942 frappe comme un coup de poing. Plus de 20 pages à lire sur chaque convoi de personnes juives transférées de la France vers les camps de concentration allemands. En 1942, 6053 mineurs furent déportés et 2491 personnes dont on ne connaît pas l’âge.

J’ai volontairement utilisé cette formule pour rendre l’effet de se sentir débordé. De rendre ça désagréable. Un peu comme les monuments où on voit des milliers de noms. Le lecteur peut ne pas finir le chapitre. Je sais que c’est très difficile.

Paul Kawczak, auteur

C’est tout ça, Le bonheur. Un deuxième roman pour Paul Kawczak qui, à sa manière, nous fait découvrir son Besançon tout en s’assurant que ce pan de l’histoire française ne tombe pas dans l’oubli. « Ce serait dommage de tourner la page, dit-il. Je pense à ma grand-mère qui a connu cette époque et qui est toujours vivante. C’est arrivé il y a 80 ans, il y a encore des gens pour le dire. »

La rentrée littéraire débutera donc en force pour la maison d’édition aux origines saguenéennes La Peuplade avec ce nouveau titre offert en librairie.

Le bonheur

Le bonheur

Paul Kawczak

La Peuplade

384 pages

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Dans cet article

Titre: Le bonheur, de Paul Kawczak

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