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C’est à Québec que le groupe Maneige tirera sa révérence du monde musical. Principalement active de 1974 à 1984, la formation avait repris du service il y a quatre ans.
C’est en 2019, alors que les membres du groupe étaient à la retraite, avec du temps libre à occuper, que l’envie de refaire de la musique ensemble est apparue. À raison d’une fois par semaine, les musiciens se rencontraient pour jouer. C’est un peu comme un vieux garage band de vieux chums qui veut se retrouver
, explique Alain Bergeron, membre fondateur du groupe.
On a commencé à se prendre au sérieux!
La fin officielle de la formation a été repoussée de quelques mois. Maneige est monté sur les planches du Théâtre Outremont à Montréal l’an dernier pour fêter les 50 ans de la sortie de son premier album, au titre éponyme. Le groupe a reçu deux offres qu’il ne pouvait pas refuser
.
Ce qui devait être la conclusion de l’aventure est devenu, en quelque sorte, un spectacle hommage avec des musiciens qui ont été de passage dans le groupe au fil des ans.
C’est ainsi que Québec est finalement devenue la dernière destination du groupe.
Un répertoire qui a bien vieilli
Souvent classé comme un groupe de rock progressif, Maneige était influencé par plusieurs courants musicaux, dont le jazz, le classique et la musique contemporaine, précise Alain Bergeron. C’est une musique qui s’inscrit moins dans un mouvement comme Beau Dommage ou Harmonium, même si on vient de la même époque
, ajoute l’homme qui joue de la flûte, du saxophone et des claviers.
L’artiste se rappelle l’effervescence qui régnait sur la scène musicale québécoise dans les débuts du groupe, alors qu’on sortait de l’époque des boîtes à chansons. Nous, nos deux influences principales, c’était Robert Charlebois et L’Infonie de Raôul Duguay.

Photo d’époque de Maneige
Photo : Courtoisie Maneige
Selon Alain Bergeron, le style musical de Maneige vieillit en beauté et peut piquer la curiosité d’un public plus jeune. Dans ma présentation de spectacle, je fais un petit sondage pour savoir qui sont les gens qui nous voient pour la première fois. Il y a quand même des mains qui se lèvent
, se réjouit-il.
Maneige compte aussi des admirateurs à l’extérieur du pays. Les deux premiers longs jeux de la formation ont paru sur l’étiquette de disque Harvest, la même que Pink Floyd.
Les porches, le deuxième opus, avait été distribué en Europe, le groupe trouvant notamment écho aux Pays-Bas et au Japon.

Pierre «Bourbon» Gautier, à l’époque où il s’est joint à Maneige.
Photo : Gracieuseté
C’était une grande fierté. Pink Floyd a été un de nos groupes phares, à l’époque. Ça montrait que la compagnie Capitole avait une grande ambition pour nous.
Les groupes québécois des années 70 qui tournent encore aujourd’hui se comptent sur les doigts d’une main.
Plusieurs groupes comme Maneige ont pris fin dans les années 80. C’était pas le même engouement
, se souvient Alain Bergeron, précisant que l’époque était assombrie par les résultats du premier référendum pour l’indépendance du Québec. C’était de plus en plus difficile pour nous de faire des tournées. On avait même de la difficulté à trouver des gérants!
a-t-il remarqué en conclusion.
Maneige pigera dans sa discographie entière pour l’ultime concert du 5 avril au Grand Théâtre de Québec.