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Le macabre terroir de «Lait cru»

Source : Le Devoir

« La ferme québécoise n’est ni verdoyante, ni paisible », peut-on lire en quatrième de couverture de Lait cru, premier roman de Steve Poutré. En effet, les chiffres sont sans équivoque. Les agriculteurs vont mal. Au pays, un fermier sur quatre reconnaît avoir eu des pensées suicidaires au cours des derniers mois.

La ferme ne dort jamais. Elle ne prend pas de vacances. Elle exige dévouement, dur labeur, blessures, deuils, oubli de soi, des siens ; une existence comptée en « litres de lait […], en soirées de labourage, en volume de moulée ingurgitée. En courbatures ». Pour nous nourrir, les cultivateurs et les éleveurs vivent sur un rythme qui nous est inconnu, sur une ligne du temps hantée par les disparus, les secrets, les accidents, les naissances, les aléas du climat et du destin et, bien sûr, la mort. « On perd un temps fou à faire preuve de bonté sur une ferme. »

Menacée de toutes parts, sa survie dépend de la chance, du hasard, de la capacité à se relever et à faire abstraction de la normalité de ses besoins. « J’observe la grande salle devenue inutile. Même l’écho ne veut plus de ma voix. […] Un grain de maïs sur le ciment hurle de tout son jaune, refuse de conclure un poème inachevé. Une autre ferme tombée. L’achat impulsif d’une moissonneuse rutilante suivi de récoltes désastreuses. Les réglementations qui essoufflent le patrimoine, une descendance avec le mauvais appareil entre les jambes. Le flambeau s’éteint. »

Steve Poutré, qui a lui-même grandi sur une ferme laitière, invite le

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Titre: Lait cru

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