Source : Le Devoir
Résumer un roman de David Turgeon n’est pas une mince tâche. Maître de la digression, il montre lui-même du doigt son incapacité à refermer les multiples parenthèses qu’ouvre allègrement le chemin sinueux de sa pensée. Lorsqu’Isoline, une assistante éditoriale, sauve du suicide la romancière primée Paula Kahl, cette dernière la prend sous son aile et s’engage à l’aider à mener ses projets littéraires inachevés à bon port. Quand Paula Kahl s’enlève finalement la vie, sa protégée se voit confier les archives de la défunte afin d’en tirer des inédits publiables. Ce travail mènera Isoline dans un délire romanesque qui la transformera à jamais. Dans un processus ludique et astucieux, David Turgeon invente une langue rythmée, en continuelle mouvance, qui épouse les pensées désinvoltes de sa protagoniste. L’écrivain exploite avec humour et intelligence la mise en abyme pour réfléchir aux procédés en oeuvre dans son écriture et à la réception qu’ils suscitent. Le connu n’est toutefois qu’illusion, dans ce récit laissant le lecteur « dans une expectative aussi toxique que délicieuse. »
Le roman d’Isoline
★★★ 1/2
David Turgeon, Le Quartanier, Montréal, 2024, 208 pages
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