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Le Washington Post privé de ses critiques littéraires par Jeff Bezos

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Environ un tiers des effectifs du Washington Post, estimés à un peu plus d’un millier de journalistes en 2021, serait débarqué à l’occasion de ce plan de licenciement massif, annoncé par le rédacteur en chef Matt Murray lors d’une visioconférence. En poste depuis juin 2024, il a expliqué aux salariés que le titre de presse avait besoin d’une « remise à zéro stratégique » à l’ère de l’intelligence artificielle.

Ces décisions auraient été prises à la lumière de « réalités difficiles, et même décevantes », a-t-il poursuivi, tandis que quelque 300 employés recevaient, sur leur boite mail, des messages leur indiquant la fin de leur contrat.

Parmi les pôles supprimés, ceux consacrés à l’actualité internationale, notamment le bureau ukrainien ou celui dédié au Moyen-Orient. Caroline O’Donovan, journaliste spécialisée dans le domaine de la technologie et qui écrivait fréquemment sur les activités d’Amazon, fait elle aussi partie des personnes licenciées.

La rédaction sportive du Post fait également ses valises, même si certains journalistes seront sollicités ponctuellement. Parmi les victimes se trouvent par ailleurs les critiques littéraires publiées dans le quotidien américain, notamment dans son édition dominicale, sous l’intitulé « Book World ».

Le syndicat des journalistes du titre a dénoncé la décision et les méthodes employées : « Ces licenciements ne sont pas inévitables. Une rédaction ne peut pas être taillée à la serpe sans conséquence pour sa crédibilité, son audience et son avenir. Si Jeff Bezos ne souhaite plus investir dans la mission qui est celle de ce journal depuis plusieurs générations et servir le public, alors le Post mérite un autre propriétaire. »

Un président à choyer

Pour l’instant, Jeff Bezos, propriétaire du Washington Post, ne s’est pas lui-même exprimé sur cette vague de licenciements. Mais les dénonciations fusent, face à une gestion qui, depuis 2013, a radicalement changé de visage. Martin Baron, rédacteur en chef entre 2012 et 2021, a ainsi qualifié l’événement « de cas d’école d’autodestruction d’une marque » auprès de l’Associated Press.

Le nombre d’abonnés du Washington Post est estimé à 2 millions par l’AP, qui rappelle que les informations sur les audiences et les finances du titre, paradoxalement, restent confidentielles.

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En quelques mois, les niveaux d’abonnements et de consultations auraient chuté, après plusieurs décisions éditoriales très controversées. La première fut le retrait d’un éditorial en faveur de la candidature de la démocrate Kamala Harris, lors de l’élection présidentielle de 2024. Le propriétaire de journal, Jeff Bezos, assurait là qu’il s’agissait d’une décision prise « par principes », à l’encontre de la tradition établie par le quotidien.

Derrière ce choix délibéré se lisait bien sûr un geste de complaisance envers Donald Trump, alors candidat, qui avait multiplié les menaces contre Amazon et son créateur. Cette relative bienveillance face à Trump et au camp républicain s’était aussi lue dans les pages du quotidien, à travers des tribunes et billets d’opinion plus favorables au pouvoir. Une véritable danse du ventre, dont l’objectif est simple : ne pas froisser le président des États-Unis afin de pouvoir prétendre, avec Amazon, à l’obtention de marchés publics.

Récemment, Bezos a par ailleurs acquis, via Amazon MGM, les droits de diffusion du documentaire Melania, pour 40 millions $. Reconnu comme un film à la gloire de Melania Trump — et de son époux —, il a bénéficié d’une sortie dans les salles de cinéma et d’un budget de promotion de 35 millions $, avant de récolter plus de 7 millions $ de recettes depuis le 30 janvier dernier.

La nouvelle réjouit évidemment le camp trumpiste, pas vraiment favorable à une presse libre et capable d’être un contre-pouvoir efficace. « Rappel : imprimer des infox n’est pas un bon modèle économique », a ainsi taclé Steven Cheung, porte-parole de la Maison-Blanche, sur le réseau social X, en prétendant ne pas faire référence au Washington Post.

Photographie : illustration, Esther Vargas, CC BY-SA 2.0

Par Antoine Oury
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Rappel : imprimer des infox n’est pas un bon modèle économique

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