Source : Le Devoir
Le premier roman d’Éric Ilhareguy (Moussaka, 2016) s’ouvre sur une mère qui, de connivence avec son fils et sa fille, jette à la rue leur père et deux sacs-poubelle contenant ses effets personnels. Fou de rage, il rapplique, bien déterminé à exposer la vérité sur les origines du fils — « enfant illégitime, saleté de bâtard ». Dès lors, les deux gamins deviennent captifs de l’étrange univers de leur mère, fait d’ennuyants feuilletons, d’une verve intarissable sur l’alphabet phonétique et les trapèzes vocaliques et d’un impressionnant sens de l’enquête. Abordant le monde par l’étymologie, elle décline pour eux tous les possibles de cette nouvelle réalité. Avec une langue vive et désordonnée, l’écrivain déploie toute la singularité d’une pensée en mouvement et parvient, par de judicieuses digressions, à explorer l’étendue ou l’inanité des rapports entre la fiction et la construction de soi ainsi que leurs rôles dans notre capacité à esquisser le futur. Éric Ilhareguy sort des sentiers battus en proposant des personnages savoureux à souhait, qui refusent de se soumettre à ce que leur passé attend d’eux.
L’effet Ostrowski
★★★ 1/2
Éric Ilhareguy, Leméac, Montréal, 2024, 296 pages
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