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Les cennes noires, d’Akena Okoko | Rappeur ET auteur

Paru en premier sur (source): journal La Presse

Avec Les cennes noires, Akena Okoko, alias KNLO d’Alaclair Ensemble, signe un deuxième recueil autobiographique dans lequel il revient avec humour, et sagesse sur les dizaines d’emplois qu’il a occupés avant d’être artiste à temps plein.


Publié à 9 h 00

« Quand j’ai lancé [son premier ouvrage paru en 2019], c’était plus KNLO le rappeur qui sort un petit livre sur le side. -ci entame une nouvelle ère que je projetais depuis longtemps, mentionne Akena Okoko. J’ai toujours aimé écrire, mais le rap et écrire ne sont pas le même truc. J’attendais d’être un peu plus vieux, et maintenant, je suis lancé. »

En effet, il souhaite désormais publier un livre par année – « J’ai averti la maison d’édition que je veux continuer ». Les Éditions de Ta Mère ont d’ailleurs renoué leur partenariat avec l’auteur pour cette deuxième œuvre autobiographique constituée principalement d’expériences de travail rédigées à la manière de poèmes.

« TA MÈRE » est aussi le nom d’un des nombreux courts chapitres des Cennes noires. Akena y parle de l’amour de la littérature de celle qui l’a mis au . Amour qu’elle a transmis par l’exemple. « C’est une lectrice très passionnée. Elle prend des notes et garde les meilleures citations de tous les livres qu’elle a lus depuis les années 1970. Elle a un gros classeur plein, raconte son fils. Elle écrivait aussi, et écrit encore, mais elle n’a jamais publié. C’est comme si je continuais un peu sa démarche. »

On demande alors à l’auteur ce que sa mère pense du développement de ce pan de sa carrière artistique. « Chaque fois que j’écris quelque chose, c’est elle qui le lit en premier. Ma musique aussi. Elle est contente, souligne Akena. Avec la première publication, on a traversé le mur du fait que je parle de ma vraie vie. Maintenant, elle l’apprécie. J’essaie de ne pas trop me censurer, même si inévitablement, on le fait. »

Sans dévoiler des aspects sensibles de sa vie personnelle, Akena Okoko révèle une bonne part de qui il est et d’où il vient dans ses deux titres vendus en librairie. Alors que Sainte-Foy revenait sur sa et le début de sa vie adulte – le sous-titre est afro-québécois 1993-2005 –, Les cennes noires – Curriculum vitæ afro-québécois rassemble une foule de souvenirs vécus sur le marché du travail.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE,

L’auteur Akena Okoko

« Au départ, ce n’était pas un livre sur les jobs, confie l’auteur. J’ai commencé à l’écrire un peu comme mes albums. Je ne suis pas quelqu’un qui arrive avec un master plan où tout est prévu : on va au studio, on fait de la musique, puis, à un moment donné, il y a tant de chansons et il faut trouver un titre à l’album. J’écris dans le même . »

Les cennes noires est né d’un exercice sur les proverbes. « Mes premiers textes étaient beaucoup autour de mes jobs. Je savais que j’en avais eu beaucoup et j’ai eu envie de dresser une liste. J’ai noté une quarantaine de jobs ! »

Observations afro-québécoises

Les anecdotes riches en humour, en sagesse et en poésie d’Akena Okoko amusent et entraînent la réflexion sur ses propres expériences. Par la seule variété de celles qu’il relate (plongeur, soldat de la réserve des Forces armées canadiennes, téléphoniste, préposé au ménage, commis dans un dépanneur, installateur de mobilier de bureau, monteur de scène), on a de fortes chances d’être interpellé.

Encore plus universelle est sa capacité à observer le monde et à l’analyser avec une lentille qui se fait rare au Québec : celle d’un fils d’immigrant africain qui a grandi à Québec, vécu à et qui baigne dans la culture hip-hop depuis un jeune âge.

« Même si j’ai un accent québ, mon père est un fier nationaliste congolais. Il nous a appris le swahili. Mon grand-père était chauffeur de Patrice Lumumba, le personnage qui a mené l’indépendance du Congo. Il y a un agenda sous roche, indique l’auteur. Ma perspective vient de mon éducation, d’avoir grandi dans les églises, de l’importance de voir le positif grâce à différents mentors, pasteurs ou coachs. J’essaie de retrouver de l’honnêteté à travers l’écriture. »

Et que retient-il de l’exercice d’avoir de nouveau fouillé sa pour rédiger ce deuxième livre ?

« Quand je travaillais dans un centre d’appels, un vieux monsieur, qui a eu une vie spéciale avant d’aboutir là, m’a enseigné qu’une grosse partie de la paie vient des gens avec qui tu travailles. Si t’en es conscient et que t’emmagasines ce qu’ils peuvent t’apprendre, ça vaut plus que payer son loyer ou acheter à bouffer. J’étais jeune, puis j’ai vraiment mis ça dans mon sac. Les relations, c’est comme le système financier de la connaissance. »

C’est l’une des nombreuses perles des Cennes noires.

Les cennes noires

Les cennes noires

Akena Okoko

Les Éditions de Ta Mère

104 pages

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