« Le présent est le point depuis lequel / déferle le temps dans des directions opposées » : voilà comment s’ouvre le plus récent livre de poèmes d’Alexie Morin, Scénarios catastrophes. Point de bascule imprévisible, sa déferlante peut mener aux scénarios les plus prosaïques comme aux pires catastrophes, et voilà pourquoi, sans doute, l’angoisse.
Le Devoir a voulu la rencontrer pour en discuter, mais le café du Plateau Mont-Royal qui devait héberger notre discussion était fermé. Celui d’en face : plein à craquer. Fallait-il s’en étonner ? Le présent, « impossible à saisir, / impossible à voir, / impossible à mesurer », dans le crachin figé de décembre, allait-il nous faire une place ?
Clair-obscur
Une fois qu’on a été bien au chaud — catastrophe évitée ! —, la poésie ciselée et limpide de ses vers a fait place à l’empan de sa parole, de sa pensée. « Ça lui a pris du temps à trouver sa forme, le livre », révèle l’autrice, qui n’avait pas publié de recueil de poésie depuis Chien de fusil en 2013. « C’est la langue, surtout, qui a pris du temps à se placer. Ça ne me tentait pas de faire un livre de poèmes cryptiques, difficiles à comprendre, ou qui obscurcit son propos par des figures de style et des tournures de langage. J’aime la clarté. J’aime que le sens littéral, le sens premier des mots soit immédiatement accessible. Ça m’oblige à penser et à savoir ce que je dis. À l’assumer. Après, je peux ajouter d’autres niveaux de lecture. »
Point d’ancrage de la proposition, main tendue vers qui tient le livre, cette clarté est
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