Paru en premier sur (source): journal La Presse
Publié à 11 h 00
Des personnages comme le héros de cette histoire, il en a existé vraiment. Des journalistes fabulateurs qui ont inventé des reportages entiers aux quatre coins du monde. L’autrice, dont c’est le deuxième roman, vit à Paris et a étudié le journalisme. Elle connaît tout aussi bien le métier que la dynamique du milieu, et ça se voit. L’histoire d’Arnaud Daguerre commence alors qu’il est enfant ; dès son plus jeune âge, sa timidité maladive l’enferme dans son monde imaginaire. Des années plus tard, lorsqu’on le retrouve à l’âge adulte, il est devenu journaliste dans un quotidien renommé – puis, de fil en aiguille, grand reporter qui remporte un prix prestigieux. Mais toute sa carrière n’est qu’un tissu de mensonges dont même sa femme ignore tout. Pris dans cet engrenage, Arnaud va malgré tout essayer d’écrire des articles « honnêtes », torturé par sa conscience. L’autrice s’attarde longuement, avec une ironie mordante, sur ses questionnements, ses doutes et son angoisse constante, tout en décrivant la mécanique derrière son talent d’illusionniste, en reportage en Syrie comme à Paris, après les attentats du 13 novembre 2015. En filigrane, elle effleure la question cruciale des « infos véridiques » à l’heure où le web pullule de sources en tous genres. À la fois accrocheur et divertissant, c’est un roman singulier, teinté de cette touche d’absurde qui caractérise les titres publiés par cette maison d’édition (qui publie entre autres Joseph Incardona). Et c’est avec curiosité qu’on fait défiler les pages pour connaître le fin mot de cette imposture.
Laila Maalouf, La Presse
Les vérités parallèles
Finitude
253 pages






