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La dramaturge et auteure fransaskoise Madeleine Blais-Dahlem présente son nouveau recueil, intitulé Les vieux péteux avec Bon débarras, jeudi, à La Troupe du Jour, à Saskatoon. L’ouvrage, publié par les Éditions de la nouvelle plume, réunit deux pièces qui se penchent sur la vie des aînés fransaskois.
L’auteure a démarré sa carrière d’écrivaine après un parcours dans le milieu de l’enseignement. Elle aborde avec finesse et humour les thèmes universels du vieillissement, de la mémoire et de la transmission.
Madeleine Blais-Dahlem aborde le départ et le quotidien des aînés avec une sensibilité à la fois tendre et caustique.
Photo : Radio-Canada / Vincent Turgeon
L’universalité des vieux péteux
Le titre de la première pièce est Les vieux péteux. Il renvoie à une réalité que l’on trouve au-delà de la Saskatchewan. L’auteure explique le quotidien de personnages masculins qui se retrouvent dans des centres commerciaux.
C’est trois vieillards dans un centre d’achats qui sirotent leur café, qui attendent la mort, mais qui s’amusent en discutant. On pourrait aller dans n’importe quel centre d’achats, dans n’importe quelle ville au Canada, on trouverait de vieux péteux
, fait valoir l’auteure.
Elle soutient que, contrairement aux femmes qui continuent à faire le lavage, le ménage
et qui ne prennent jamais vraiment leur retraite, les hommes ont souvent tendance à se demander ce qu’ils vont faire après la fin de leur vie active.
Cette pièce est une étude du hasard, avec trois hommes qui remettent en question la responsabilité individuelle et collective à travers leurs échanges sur leurs billets de loterie. L’achat de billets leur donne un brin d’espoir
sur ce qu’ils pourraient gagner ou faire s’ils remportaient un montant.
Bon débarras, la deuxième pièce du recueil, aborde un aspect propre aux petites communautés.
Bon débarras, c’est sur le dépeuplement rural, et aussi ce qui arrive souvent dans les petits villages. C’est-à-dire lorsque des personnes prennent de l’âge, elles ont besoin de se rapprocher des hôpitaux, donc d’entrer dans les grands centres
, affirme Mme Blais-Dahlem, qui ajoute qu’elle a observé ce phénomène dans son village d’origine, Delmas.
La pièce met en scène un couple âgé qui s’apprête à quitter son village pour se rapprocher des services et de ses petits-enfants en ville. Cependant, le jour du grand départ, une voisine les confronte, les accusant d’abandonner leur histoire et leur communauté. Ce récit poignant interroge l’attachement aux lieux, le poids du passé et le droit au changement.
Dans son œuvre, Madeleine Blais-Dahlem expose l’esprit de résilience et d’enracinement des communautés francophones en milieu minoritaire. Son travail se veut à la fois pédagogique et artistique en offrant une sensibilité aux voix marginalisées et aux tensions du quotidien.







