Source : Le Devoir
Entrer dans un roman de Lisa Moore, c’est mettre les pieds à St. John’s, à Terre-Neuve, et y laisser son coeur à tout jamais. Plus que de poétiques descriptions des paysages et des atmosphères, ses écrits ancrent le lecteur au sein même d’une communauté tissée serrée — peuplée de personnages plus vrais que nature et de réflexions cruciales, mais ordinaires — de laquelle, plutôt qu’être relégué au rôle de témoin, il devient partie prenante.
« Chaque endroit, ville ou village, a une culture qui lui est propre, dit l’écrivaine, jointe par Le Devoir au coeur de l’hiver terre-neuvien. Ici, les résidents se connaissent à travers les générations. Même les nouveaux arrivants font rapidement partie de cette culture, parce que, peut-être à cause du froid et du danger que représente l’extraction des ressources, nous avons besoin les uns des autres. »
Dans Comment il faut aimer, toute cette belle communauté est mise à rude épreuve lorsqu’une tempête dévastatrice — une référence au blizzard historique Snowmageddon de 2020 — s’abat sur la ville, privant les habitants de ressources essentielles. Un soir, à la sortie d’une fête, Xavier, 21 ans, est poignardé et laissé pour mort dans un banc de neige.
Jointe au Mexique où elle passe ses vacances, sa mère, Jules, revient en catastrophe, bien déterminée à traverser la ville barricadée pour se rendre au chevet de son fils, plongé dans le coma. Rongée par l’angoisse et l’incompréhension, Jules cherche dans le passé de Xavier et de ses proches la source d’une telle rage.
« Au cours des quinze dernières
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