Source : Le Devoir
Après avoir inspiré une pièce de théâtre (une coproduction du Théâtre Denise-Pelletier et du Trident mise en scène par Claude Poissant) et un opéra (une production du Nouvel Ensemble moderne mise en musique par Zad Moultaka et mise en scène par Pauline Vaillancourt), le roman L’orangeraie (Alto, 2013) devient une bande dessinée. Pour cette nouvelle incursion du côté du 9e art, Larry Tremblay retrouve l’illustrateur belge Pierre Lecrenier, avec qui il avait déjà adapté sa pièce Le garçon au visage disparu (La Bagnole, 2020).
Bardé de récompenses, dont le Prix des libraires du Québec et le Prix littéraire des collégiens, publié en traduction dans une quinzaine de pays, le troisième roman de Larry Tremblay a été décrit dans les pages du Devoir comme une « fiction nécessaire ». « L’orangeraie pourrait être un roman sur la guerre parmi d’autres, écrivait Danielle Laurin le 26 octobre 2013. Mais ses qualités littéraires, sa fluidité en même temps que sa poésie, sa concision en même temps que sa densité en font un livre exceptionnel. Tout en nuances, en contrastes, rude mais aussi sensuelle, parsemée de dialogues puissants mais jamais bavards, l’écriture prend aux tripes. »
Frères inséparables
La tragédie se joue à l’ombre des orangers, quelque part au Moyen-Orient. Amed et Aziz, des jumeaux de 9 ans, vivent avec leurs parents dans une certaine insouciance. Jusqu’au jour où un obus tombe du ciel et tue leurs grands-parents paternels. Quand Soulayed, un chef terroriste, convainc le père de se venger en sacrifiant l’un de ses deux fils dans une opération kamikaze, ce dernier choisit Amed, et ce, même si Aziz, atteint d’un cancer, est déjà condamné. Ce dont le père ne se doute pas, c’est que les deux frères vont intervertir les rôles.
Pour raconter en dessins et en phylactères l’histoire déchirante de ces deux frères inséparables, mais qui seront néanmoins cruellement séparés, Tremblay et Lecrenier ont retenu l’essentiel du roman. Leur confiance à l’égard des images et des cadrages, envers tout ce qui se cache entre les cases, tout ce que suggèrent un ciel étoilé ou un nuage de fumée, un oiseau multicolore ou une vitre fracassée, en somme envers le pouvoir d’évocation de la bande dessinée, est admirable.
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Lecrenier emploie des lignes claires et des aplats, un style un brin enfantin qui sert parfaitement une fable où la candeur, la beauté et la poésie côtoient la gravité, la brutalité et l’horreur. De l’orangeraie ensoleillée jusqu’aux rues enneigées de Montréal, où le frère survivant va immigrer et devenir comédien, le récit est poignant, intemporel, tragique et pourtant lumineux. Gageons qu’en refermant la bédé, celles et ceux qui n’ont pas encore lu le roman ressentiront une forte envie de s’y plonger.
Notez que Larry Tremblay et Pierre Lecrenier prendront part à des activités lors du 14e Festival BD de Montréal, qui se déroule du 23 au 25 mai sur la rue Saint-Denis, entre Gilford et Roy.
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