Source : Le Devoir
Lorsque Paul Sorensen apprend que son père est décédé d’un AVC, dans une maison pour aînés de Montréal, il fait rapatrier son corps à Toulouse, le visite à la morgue et, pointant son fusil contre sa tempe, en profite pour le tuer de nouveau.
Pour cette tentative d’homicide sur un cadavre, Paul est condamné à un an de prison avec sursis et soumis à une obligation de soins. Pendant douze mois, il devra remonter le fil de son existence avec le Dr Guzman, et démêler les circonstances qui l’ont mené à vouloir anéantir un géniteur qu’on devine rapidement cruel et monstrueux.
Avec L’origine des larmes, Jean-Paul Dubois livre un roman tourmenté, parmi les plus sombres de son oeuvre. En choisissant de placer son récit en 2031, dans une Toulouse en proie depuis deux ans aux pluies diluviennes, l’auteur lauréat du Goncourt pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (de l’Olivier, 2019) laisse libre cours à son pessimisme, réverbérant le dérèglement climatique dans les tempêtes qui grondent dans l’esprit de son protagoniste.
Traversé par le motif de l’eau, le roman comble — par des dispositifs narratifs plutôt convenus axés sur l’abondance de précipitations et autres références aquatiques — l’absence de larmes sur les joues d’un Paul animé par une haine qui ne lui offre aucunement l’espace nécessaire pour pleurer son enfance sacrifiée.
Ainsi le lecteur croise-t-il sur sa route la figure du peintre coréen Kim Tschang-yeul, qui a consacré sa carrière à peindre des gouttes d’eau, celle du poète Samuel Taylor
[...] continuer la lecture sur Le Devoir.





