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Marianne Girard : Chemin de traverse

 

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Marianne Girard : Chemin de traverse
Après Iris et Fiona un peu drama et Dolly, la rédactrice en chef du magazine Cool! Marianne Girard propose 24 Cara, un roman dans lequel l’héroïne mène une double vie. À la fois élève douée intégrant une académie réputée et cambrioleuse de talent comme ses deux célèbres parents, Cara échafaude un plan pour voler un diamant. Avec une société secrète, des professeurs intrigants et un directeur mystérieux, cette école n’a décidément rien de banal. ’adolescente non plus, sauf peut-être le fait que, à l’instar des autres jeunes, elle cherche sa voie.

Cara est la fille de deux voleurs et elle doit d’ailleurs dérober un diamant pendant un événement à son école. Pourquoi avez-vous eu envie de camper votre histoire dans cet univers?
J’aimais l’idée de proposer une héroïne dont la double vie ne cadrait pas dans la dichotomie « bien versus mal ». Mais j’ai surtout voulu écrire sur ce qui me faisait rêver quand j’étais jeune et que je dévorais Fantômette, puis Agatha Christie : les vols complexes, les bijoux, les tableaux, les bâtiments anciens avec des passages secrets, etc. Ça me semblait un beau terrain de jeu pour faire vivre aux personnages des aventures qui sortent de l’ordinaire.

Vous écrivez pour les adolescents, notamment dans votre premier roman Iris et Fiona un peu drama (La Bagnole) et dans le magazine Cool!. En quoi l’adolescence est-elle un terreau fertile pour votre écriture?
C’est une période que j’adore : une période de premières fois, de grands tremblements amoureux et d’amitiés intenses. Tout est exacerbé par des sentiments trop forts… On pense que ce qu’on vit, personne d’autre n’a pu le vivre, tant c’est foudroyant. J’adore cette impression de découvrir le monde, de vivre les choses pour la première fois et de ne pas avoir de biais ou ce recul d’adulte qui nous empêche parfois de nous laisser aller… On gagnerait tous à se reconnecter à l’occasion avec son adolescente ou adolescent intérieur!

Votre roman 24 Cara quant à lui s’adresse à un public un peu plus jeune; était-ce un défi pour vous?
Oui!!! J’ai dû ajuster le ton, la narration, le type d’humour, mais aussi mettre de côté certains aspects de l’écriture que j’aime habituellement développer… Cela dit, ç’a aussi été l’occasion de m’éclater au niveau de l’imaginaire. Sortir du réalisme de mes romans précédents, ça a ouvert de belles portes sur un monde inventé où je pouvais me permettre beaucoup de liberté créative. Bref, ç’a été un réel exercice d’écriture, mais je suis heureuse du résultat!

Cara étudie dans une école pour des élèves à haut potentiel. Pourquoi vous semblait-il important d’écrire sur la douance?
Je me souviens qu’enfant, j’adorais un livre dans lequel l’héroïne était hyper intelligente et ne s’en excusait pas. Le fait d’être brillante et d’aimer apprendre — et de côtoyer des jeunes comme elle —, je trouvais que ça apportait une dimension intéressante à Cara et à l’univers dans lequel elle évolue.

Dans vos romans jeunesse autant que dans votre roman pour adultes, Dolly (Hurtubise), des héroïnes hors du commun sont mises en scène. Souhaitiez-vous présenter des modèles féminins forts dans vos livres?
Oui, c’est super important pour moi et, en même temps, ça se fait tout seul quand j’écris. Je m’attache rapidement à mes héroïnes et j’aime qu’elles soient de bonnes amies, qu’elles soient fières de ce qu’elles sont, qu’elles ne mettent pas l’amour amoureux au premier plan et qu’elles aient des valeurs féministes affirmées. Même si tout ça ne vient pas sans certaines contradictions, bien sûr!

Pouvons-nous espérer retrouver Cara dans une autre aventure?
Je ne sais pas encore… C’est certain que l’univers s’y prête et que, si Cara réussit à toucher son public, c’est quelque chose que je vais considérer. Mais pour l’instant, je vais laisser vivre ce nouveau roman et on verra bien!

Photo : © Julia Marois

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