Source : Le Devoir
Contrairement à Christiane F., cette adolescente allemande prise dans la spirale de la dépendance, Jessica M. n’est ni droguée ni prostituée. La tragédie à laquelle elle fait face est moins bouleversante, mais subtile, et insidieuse. Elle est mère. Et elle écrit. Du moins, elle essaie. Car chaque fois qu’elle prend la plume, elle est interrompue par une quinte de toux, un nez qui coule ou une question existentielle. Devant l’impossibilité de concilier toutes ses vies, Jessica M. cède à un succédané de bonheur pour renouer avec une fragile créativité. Janis Locas use d’une construction audacieuse et déroutante, recourant à un processus de mise en abîme qui brouille les frontières entre la réalité de la narratrice et le récit qu’elle compose. Si le procédé nuit à la fluidité de la lecture, c’est pour mieux témoigner des obstacles frustrants qui gênent la création, du capharnaüm que représente la maternité, ainsi que de la perte de contrôle liée à la prise de médicaments. Même si certaines blagues et observations tombent à plat, Janis Locas livre un roman mordant et astucieux, qui provoque la réflexion.
Moi, Jessica M., 37 ans, maman, malheureusement
★★★
Janis Locas, Somme toute, Montréal, 2024, 256 pages
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