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Mots dans la taïga : un printemps poétique à Yellowknife

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Les 1er et 2 avril, le boisé avoisinant l’École Allain-St-Cyr de Yellowknife verra éclore ses premières couleurs de l’année. Aménagé dans le cadre du festival de poésie « Mots dans la taïga », le Sentier poétique réapparaîtra pour une deuxième édition pour faire vivre, en forêt, la créativité des jeunes Franco-Ténois et de leurs collaborateurs du Nord.

Une soirée de poésie et de slam clôturera l’évènement le 2 avril, dans la tente de prospecteur du sentier, qui accueillera également les visiteurs tout au long de l’évènement avec des œuvres audio et vidéo et des ateliers de création.

C’est dans l’atelier aménagé par André Beaupré, fondateur du festival et moniteur de français à l’École Allain-St-Cyr qu’est bricolé le village miniature composé d’abrimots, des petites cabanes colorées qui hébergeront les poèmes et que les visiteurs seront invités à explorer.

De jeunes enfants font du bricolage avec un adulte.

L’animateur André Beaupré crée avec des élèves de maternelles des éléments du Sentier poétique. Des élèves de tous âges ont afflué en mars dans l’atelier pour donner vie au village qui accueillera les poèmes, et leurs visiteurs.

Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier

Au total, 108 élèves franco-ténois de tous âges se sont portés volontaires pour bâtir le village peuplé d’œuvres de jeunes Franco-Ténois et d’élèves du Yukon et du Nunavut qui ont été invités à participer.

Le sentier sera animé par des personnages féériques, avec la collaboration du Théâtre du 62e parallèle.

Tout est possible, promet M. Beaupré. On laisse tout l’espace aux jeunes pour la création et pour sortir des sentiers battus.

Quand j’étais jeune, à l’école, la poésie n’était pas plaisante. C’était très académique, et pénible. Ce n’est pas notre vision de la poésie. Pour nous, la poésie, c’est une façon différente de voir le monde. Vous êtes libre de faire ce que vous voulez, pour autant qu’il y ait un peu de magie.

Une citation de André Beaupré, fondateur du festival Mots dans la taïga et moniteur de français
Portrait d'André Beaupré, devant un rideau multicolore.

Créateur du festival Mots dans la taïga, André Beaupré, moniteur de français à l’École Alain-St-Cyr de Yellowknife, a également mis sur pied le festival Mots sur la toundra à Iqaluit.

Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier

À Allain-St-Cy, il y a un petit quelque chose de spécial. J’ai souvent des bulles au cerveau, et les gens embarquent à leur guise. Ici, ils embarquent beaucoup!, se réjouit André Beaupré, à qui on doit également le festival Mots sur la toundra, organisé à Iqaluit en 2021.

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Explorer l’identité culturelle

La poète et autrice Amber O’Reilly s’est rendue en classe en mars pour offrir des ateliers de poésie aux élèves du primaire et du secondaire.

Il peut être difficile pour un jeune en milieu minoritaire de voir la langue française comme un outil d’expression et de création. Le français y est souvent lié à la scolarité, à l’école. C’est en permettant cette porosité entre l’école et la communauté qu’on peut encourager les jeunes à créer davantage.

Une citation de Amber O’Reilly, poète et autrice francophone de Yellowknife
Amber O'Reilly présente du matériel sur la poésie devant une classe d'élèves.

Amber O’Reilly, poète et autrice de Yellowknife, donne un atelier de poésie à l’École Alain-St-Cyr, qu’elle a elle-même fréquentée.

Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier

Cette semaine, l’experte proposait aux jeunes du secondaire différentes techniques, dont la poésie retrouvée, crée à partir d’une œuvre existante.

Divine Lobe Mange a choisi d’extraire les mots du roman Le petit prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. Je l’ai lu plusieurs fois. Il y a beaucoup d’histoires, de personnages et de petites morales. C’est ce que j’aime dans ce livre, dit l’élève.

Divine Lobe Manga avec le roman Le petit prince en main.

Divine a choisi de s’inspirer du roman « Le petit prince », d’Antoine de Saint-Exupéry, qu’elle a lu plusieurs fois, pour créer de la poésie retrouvée.

Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier

Je ne fais pas vraiment de poésie en temps normal, mais j’écris beaucoup, vraiment beaucoup dans mon journal, précise-t-elle.

Affairée devant son ordinateur portable, Élise Auld jongle avec un texte journalistique sur l’état du climat, de l’activiste David Suzuki. J’ai pensé que je pouvais jouer avec ce texte pour créer un message, avec ses mots à lui, mais dans mes mots à moi, explique-t-elle.

Elise Auld devant un ordinateur portable.

Elise Auld travaille sur un poème inspiré d’un article de David Suzuki sur l’état du climat, dans le but de créer un message poétique dans ses propres mots.

Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier

Aux yeux d’Amber O’Reilly, des initiatives artistiques, comme Mots dans la taïga, permettent non seulement aux jeunes de s’exprimer, mais également de faire briller la culture francophone dans leur communauté.

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Il y a une réalité particulière dans le Nord avec l’hiver, la noirceur, l’isolement géographique ou le froid. Parfois, on se cherche aussi un peu sur le plan de l’identité culturelle, souligne-t-elle.

La poésie, c’est un moyen d’explorer tout ça et d’y donner un sens.

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Le petit prince,

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