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Netflix renonce à racheter Warner Bros., laissant le champ libre à Paramount

 

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Netflix a déclaré jeudi qu’il refuse de relever son offre de rachat du groupe de cinéma et de télévision Warner Bros. Discovery (WBD) face à celle de son concurrent Paramount Skydance, estimant que l’opération n’était plus financièrement attrayante.

C’est un coup de théâtre majeur dans ce dossier à rebondissements qui dure depuis plus de cinq mois.

Paramount Skydance, premier à avoir soumis une proposition de reprise, dès septembre 2025, n’avait jamais été considéré comme un favori jusqu’ici.

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Cela devrait faire passer le célèbre studio hollywoodien Warner Bros. ainsi que la plateforme de diffusion en continu HBO Max et un groupe de chaînes de télévision, dont CNN, entre les mains de Paramount, redessinant ainsi le paysage médiatique américain.

WBD a fixé au 20 mars la date de l’assemblée générale extraordinaire lors de laquelle les actionnaires devront déterminer l’avenir du groupe.

Après une série d’offres et de contre-offres, c’est finalement la dernière mouture de Paramount Skydance (PSKY), soumise en début de semaine, qui l’a emporté.

PSKY avait relevé sa proposition à 31 dollars par action WBD, contre 30 jusqu’ici. En incluant la dette de WBD, cela valorise la cible autour de 110 milliards de dollars.

Premier développement, jeudi : le conseil d’administration de WBD avait estimé que cette version était supérieure, mais tout en indiquant qu’il allait continuer à recommander celle de Netflix.

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Toutefois, quelques minutes après, Netflix a annoncé qu’il refusait de s’aligner sur l’offre de Paramount Skydance.

Nous avons toujours été disciplinés, a expliqué le conseil d’administration du numéro un mondial de la diffusion en continu, mais au prix nécessaire pour s’aligner sur la dernière offre de Paramount Skydance, cette transaction n’est plus attrayante financièrement pour le groupe.

Montage financier atypique

Début décembre, Netflix et Warner Bros. Discovery avaient annoncé un accord de reprise validé par les deux conseils.

Il ne prévoyait cependant que l’acquisition d’une partie de WBD, à savoir principalement le studio de cinéma et télévision Warner Bros. ainsi que la plateforme de diffusion en continu HBO Max.

Le reste – soit, pour l’essentiel, des chaînes de télévision parmi lesquelles CNN et Discovery – devait être logé dans une nouvelle société baptisée Discovery Global, introduite en Bourse.

Netflix proposait 82,7 milliards de dollars pour ce périmètre réduit.

Paramount Skydance, lui, veut prendre le contrôle de l’ensemble du groupe.

Cette opération va nécessiter un montage financier atypique et le soutien personnel de Larry Ellison, fondateur du groupe Oracle et père du patron de Paramount Skydance, David Ellison.

PSKY se prépare ainsi à absorber une entreprise qui pèse pas moins de six fois sa propre capitalisation boursière et qui va devoir, pour ce faire, s’endetter massivement.

En outre, Paramount Skydance s’est engagé à payer à Warner Bros. Discovery les 2,8 milliards de dollars d’indemnité de rupture que WBD a promis à Netflix en cas de non-réalisation de leur union.

Paramount Skydance juge sa proposition davantage susceptible d’être autorisée par les régulateurs que celle de Netflix.

Cette thèse est contestée par Netflix, qui a accusé PSKY d’avoir dépeint de façon erronée le processus de validation par les régulateurs.

Malgré ce revers, les investisseurs ont salué le désengagement de Netflix d’un dossier qu’ils voyaient d’un mauvais œil, beaucoup estimant qu’il risquait de payer trop cher pour WBD.

Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, l’action du géant de la diffusion en continu prenait près de 10 %.

S’il possède des actifs attrayants, Warner Bros. Discovery est actuellement sur une trajectoire incertaine.

Il a publié, jeudi, un chiffre d’affaires en baisse (-5 %) pour 2025. Le ralentissement s’est, qui plus est, accéléré au quatrième trimestre (-6 %).

La diffusion en continu continue de croître et le groupe compte désormais 131,6 millions d’abonnés dans le monde, soit 14,7 millions de plus qu’il y a un an, mais ses coûts progressent plus rapidement, ce qui a contracté ses marges.

Le studio Warner Bros., lui, se porte bien, mais le groupe reste lesté par son activité de télévision traditionnelle, dont les revenus et les bénéfices s’effritent inéluctablement.

Son modèle est d’ailleurs assez proche de celui de Paramount Skydance, qui tente également de se réinventer en jouant sur sa plateforme de diffusion en continu Paramount+ et son studio Paramount pour compenser la décroissance de la télévision classique.

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