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«nîtisânak»: aimer comme brûler de la sauge

Source : Le Devoir

Le lecteur est un invité dans nîtisânak, un essai autobiographique, intime et percutant qui décline, à travers l’expérience d’un corps autochtone et de tout ce qui l’unit à la vie, toutes les facettes, bonnes et mauvaises, de l’appartenance.

Artiste d’ascendance crie-métisse-saulteaux originaire des Prairies, Jas M. Morgan tisse autour de la douleur causée par la perte de sa mère le réseau complexe d’amour, de violences, de négligences, de blessures intergénérationnelles, de guérisons et d’espoir qui forment son identité et sa présence au monde.

Avec une plume franche et dénuée d’artifice, Jas M. Morgan, qui a fait des études doctorales en histoire de l’art à l’Université McGill et qui enseigne au Département de communications de l’Université Simon Fraser, raconte sa relation avec sa mère adoptive, son enfance dans une famille blanche, la répression de son statut d’Autochtone queer durant son adolescence, et décortique son processus de réappropriation.

Porté par une colère imbibée de tendresse, nîtisânak s’inscrit dans une narration cyclique ancestrale dans laquelle chaque fin est un nouveau commencement. Ainsi se bâtit un récit qui est avant tout une histoire d’amour et de son réapprentissage, un amour coupé de contacts fondamentaux avec le territoire et la création, privé par l’histoire du sein nourricier de la mère et du langage qui permettrait de dire ce lien sacré qui unit à l’autre et à la terre.

Le ton est dur, sans concession, d’une franchise déconcertante, interdisant formellement à ceux qui, par instinct colonial, risqueraient de s’approprier son histoire pour la tourner à leur avantage, relativiser, pointer du doigt ou,

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Titre: nîtisânak

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