Tout lire sur: Revue Les Libraires
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Comme une déferlante de livres s’offre à nous chaque année, c’était encore une fois un défi de désigner nos favoris de l’année. D’autant plus que des lectures marquantes nous ont assurément échappé au passage, dont certaines qui attendent sur notre pile. Nous vous dévoilons donc les titres qui ont retenu l’attention de notre équipe en 2025 : une sélection annuelle qui regorge de pépites littéraires.
Les choix d’Isabelle Beaulieu
Rédactrice en chef de la revue Les libraires
La maison du rang Lynch
Alexie Morin (Le Quartanier)
Oser une littérature qui avoisine le fantastique n’est pas chose facile et surtout n’est pas un pari souvent réussi, en tout cas pas autant qu’ici, aux alentours du rang Lynch. C’est là qu’habitent les membres de la famille McCabe, dont les cousins David et Vincent. Ce dernier, un garçon solitaire et flegmatique, maintenant jeune adulte, s’est perdu dans les bois lorsqu’il était enfant. Pendant ces quelques jours, tentant de retrouver son chemin, il traverse la barrière du temps et revient des années en arrière, tombant face à face avec la petite Anne-Claire, une tante qu’il n’a jamais connue, parce que disparue en forêt elle aussi et jamais revenue. Vincent en ce qui le concerne parviendra à retourner à la maison, mais le monde parallèle qui s’est ouvert à lui l’amène nécessairement ailleurs, dans une zone au-delà du dicible. Les mécanismes de l’étrange dont use admirablement Alexie Morin viennent flouter l’inhérence du vraisemblable et appose sur celui-ci un territoire peuplé de nos fantômes les plus obstinés où la quête de sens n’en devient que plus riche et fertile.
Entrevue à découvrir ici
Les déterrées
Katia Belkhodja (Mémoire d’encrier)
Sans aucun pathos ni larmoiement, Katia Belkhodja raconte, par l’intermédiaire de Rym, la narratrice, les affres du colonialisme en Algérie, les guerres qui ont assailli le pays, la violence devenue ordinaire et qui force la famille à s’exiler. Une fois en terre promise, Rym, sa mère, sa tante et ses cousines s’attarderont à éprouver la nouvelle liberté qui leur est possible, en dépit des tourments du passé et de la vie à refaire. Nombreuses sont les histoires d’immigration, toutes ont leur manière d’aborder ce moment charnière de transition, mais Les déterrées le fait particulièrement bien, ayant trouvé le juste dosage entre un inénarrable humour et une profonde sensibilité. Les personnages hauts en couleur, leurs espoirs, leurs lubies, leurs marasmes poussent autant à l’affection qu’à l’envie de rébellion. C’est un roman jubilatoire par son style empreint d’audace, de franchise et d’intelligence qui lui a valu un Prix littéraire du Gouverneur général, venant récompenser un texte sublime à la fois cruel et tendre, beau et révolté.
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J’emporterai le feu
Leïla Slimani (Gallimard)
Dernier tome de la trilogie Le pays des autres, J’emporterai le feu referme la boucle du chemin emprunté, de la France au Maroc, puis du Maroc à la France, en même temps qu’elle la garde ouverte sur un avenir qu’il faudra encore gagner. S’étalant sur trois générations, le récit suit d’abord le parcours d’Amine et de Mathilde, amoureux transis, mais pas nécessairement bien assortis. Ils s’installent sur un domaine que lui a reçu de son père, mais qui peine à rendre ses fruits, tandis qu’elle, loin de son Alsace natale, se morfond dans un quotidien redondant. De leur union naîtront deux enfants, dont Aïcha, possédant la tare d’appartenir à deux mondes, et la culture du colonisé, et celui du colonisateur. Elle aura cependant la chance de pratiquer la médecine et ses filles après elle, Mia et Inès, partiront vers l’Hexagone, aussi surnommé la Patrie des droits de l’Homme, demeurant tout de même, ironiquement, une France aux prises avec un racisme à peine couvert. La force de l’œuvre de Slimani réside dans l’intériorité de ses protagonistes, des rêves qu’ils et elles portent, des combats menés pour y accéder. Le résultat en est grandiose.
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Une histoire silencieuse
Alexandra Boilard-Lefebvre (La Peuplade)
L’autrice veut savoir : qu’est-il arrivé à Thérèse Larin, sa grand-mère paternelle pour, après avoir mis au monde trois enfants, qu’elle s’enlève la vie à l’âge de 27 ans? Débute alors une enquête personnelle, mais qui résonne aussi en dehors, extirpant de sous le voile toute vie incomprise, tout mystère non résolu, toute douleur tue. Sont retranscrits mot à mot les témoignages de gens qui l’ont connue et derrière les paroles, une vérité approchée, mais jamais complètement révélée puisque seule Thérèse pourrait en attester. Des liens se font malgré tout, des chemins se tracent. La mère de famille, engoncée dans un costume étriqué, perdait de sa substance et ses jours se sont racornis jusqu’à ne plus avoir de sens. L’écrivaine met en surbrillance l’essai The Feminine Mystique de l’Américaine Betty Friedan qui fait tomber les masques sur le prétendument bonheur des ménagères. L’étude le révèle, plusieurs femmes à la maison sont englouties par une morosité qui ne dit pas son nom parce que ces mères au foyer, persuadées qu’elles doivent ressembler à l’image de la félicité tant vantée, ne comprennent pas le vide ressenti. Boilard-Lefebvre évoque sans rien conclure, ne voulant pas s’approprier la connaissance des raisons d’une existence déjà usurpée. Mais en mettant au jour la réalité de son aïeule, elle réussit à briser le silence de ces vies inaperçues.
Entrevue à découvrir ici
Ta promesse
Camille Laurens (Gallimard)
Deux êtres se rencontrent, l’attirance est manifeste, le désir s’attise, l’amour naît, s’enhardit, s’épanouit. Joie, ravissement, plaisirs partagés à l’ombre desquels pourtant se trame un déséquilibre qui fera perdre pied une des deux parties. Car la relation se développe et l’étau se resserre. Subtilement d’abord, pour ensuite bifurquer radicalement vers une voie sans issue. Claire Lancel est écrivaine, Gilles Fabian, un marionnettiste qui sait très bien manier les ficelles. Elle connaît le poids des mots, mais ne s’en formalise pas trop quand l’homme qu’elle aime s’engage dans la discussion comme dans une lutte sans fin. Après tout, il y a aussi les paroles douces, la connexion des corps. Elle croit au sentiment, veut y croire, laisse glisser, d’abord parce que personne n’est parfait, ensuite pour ne pas envenimer la tension qui affleure de plus en plus souvent. Bientôt, il déploiera une armada de subterfuges l’amenant à douter d’elle-même et utilisera tous les moyens pour lui rejeter ses fautes. Dans un brillant tour de force, Camille Laurens brosse le portrait d’un pervers narcissique et parvient, au mépris des infortunes vécues, à donner foi à de nouvelles amours.
Les choix d’Ariane Lehoux
Coordonnatrice générale, Les libraires
Uashtenamu : Allumer quelque chose
Marie-Andrée Gill (La Peuplade)
« La beauté c’est pas compliqué,
elle est là quand elle est là. »
Marie-Andrée Gill observe le quotidien sans détour, accueille avec douceur ce qui est tel qu’il est, se balade entre l’instant présent et quelque chose de beaucoup plus vaste. Sa poésie lumineuse invite à lire avec le sourire, à ralentir, à prêter attention au geste, à l’autre, à la nature, à notre présence singulière. Dans les choses les plus simples en apparence se camouflent toujours le merveilleux et l’extraordinaire. Pour quiconque apprécie une écriture de l’intime ancrée dans le territoire, il faut aussi parcourir ses trois autres livres : Chauffer le dehors, Frayer et Béante.
Après le virage, c’est chez moi
Marie Kock (La Découverte)
On dit Home is where the heart is. Est-ce le lieu où vous habitez? Laisse-t-on son cœur dans les lieux que l’on a quittés? Dans cette quête existentielle d’un chez-soi, d’une destination, on fait le choix de rester ou de partir. « Nous partons avec optimisme, parce que partir permet de remettre du potentiel dans nos vies insatisfaites. En recommençant ailleurs, une part de nous flirte avec l’ivresse de la page blanche […] » Cet ouvrage porte à réfléchir aux lieux que nous définirons comme notre maison, aux villes qui seront nos ports d’attache, aux vies que nous fantasmons, aux possessions que nous emportons jusqu’à la mort. De l’enfance à l’âge adulte, ultimement jusqu’à trouver notre dernière demeure, nous vivons dans une forme d’errance tout en caressant ce désir d’ancrage.
Épicée
Ariane Beaudry (Hurlantes éditrices)
« […] être une femme c’est se faire
immoler l’âme à vif
tenter de fuir le quotidien sous un sheet mask
faire des signes de peace sur nos selfies
pour ne pas pleurer »
Sur l’échelle de Scoville, Épicée frôle le seuil volcanique : une confession à haute température, où tout crépite, tout se dit sans filtre. Dans l’univers des Hot Wheels, Ariane Beaudry s’engage sur la piste Action spirale, roulant à vive allure, prenant les virages serrés, accélérant dans les boucles et encaissant les collisions sans jamais freiner la vérité. Son écriture décapante dit la neurodivergence au féminin comme un trajet brûlant, mais lumineux, entre les « days of wtf », le « pleurire », le haut potentiel aussi pesant que porteur et le TDAH débordant. Être « doublement exceptionnelle mais uniquement perdue », vouloir être magique, ne jamais avoir le « pompon calme », se haïr puis s’aimer quand même; elle raconte tout ça avec une chaleur saisissante. Comme dans La Saison du Lion, une playlist accompagne le récit, cette fois-ci extra-spice, de Sabrina Sabotage à Karkwa en passant par les Spice Girls avec Who do you think you are? Et si Ariane Beaudry était une spice girl?
Nourrices
Séverine Cressan (Dalva)
Dans ce premier roman, ancré dans un village forestier aux contours mystérieux, Séverine Cressan imagine un monde où le lait maternel devient une ressource, où la maternité s’inscrit dans une économie troublante empreinte de pouvoir, de dépossession et de solidarités contraintes. Dans un univers qui instrumentalise la procréation, que disent encore les corps des femmes et quel sens accorder à la filiation? Le roman croise certaines thématiques de La servante écarlate : le contrôle des corps, la maternité confisquée. Son écriture est feutrée, tellurique, quasi mystique. Son atmosphère, poétique et légèrement fantastique, s’enracine dans la nature, la forêt, le silence, la confidence. La féminité y apparaît à la fois comme puissance nourricière et comme fragilité ouverte à des forces qui la dépassent.
Il n’a jamais été trop tard
Lola Lafon (Stock)
« Aux écrivains, on demande fréquemment s’ils écrivent chaque jour […] J’écris quand je ne sais pas. Quand je ne sais pas si je saurai un jour. » Pour Lola Lafon, ce livre est « l’histoire de ce qui nous traverse ». Sa plume — ample, sensible, profondément humaine — nous traverse à son tour. Une écriture qui tient debout dans le tumulte : « si le temps est un écoulement, l’actualité, elle, est un éboulement. » Chaque chapitre, récit, nous emporte dans un même mouvement, un souffle continu. Au fil des saisons, Lola Lafon effleure les thèmes de la fragilité, de la précarité, de l’inquiétude, de l’espoir, s’attarde à la lenteur, à l’attente, interroge le « nous », le féminisme, l’échiquier politique, le monde du travail, puis évoque au passage son chien, Sinéad O’Connor, les Gremlins et bien d’autres figures et faits d’actualité.
Les choix de Vicky Sanfaçon
Créatrice de contenu et rédactrice, Les libraires
L’étonnante maison de Madame Victoria
Nicolas F. Paquin et Lucie Crovatto (La Bagnole)
Au bout de la rue du petit Léonard, une grande maison victorienne dresse depuis toujours sa silhouette élégante. Lorsque madame Victoria y emménage et entreprend de lui redonner « son charme d’antan », le jeune garçon tend l’oreille, intrigué par tous ces mots à double sens qu’il attrape au vol : guillotine, œil-de-bœuf, corbeaux… Dans les yeux et l’imaginaire de l’enfant, cette vieille demeure se métamorphose alors en un lieu splendide, vibrant de mystères et prêt à révéler ses secrets; un regard émerveillé qui prend vie grâce aux magnifiques illustrations de Lucie Crovatto. Lire cet album, c’est avoir envie, nous aussi, de poser des yeux émerveillés sur le patrimoine bâti avec l’intention de revaloriser ces charpentes qui ont abrité tant d’histoires.
Les différences invisibles
Maude Nepveu-Villeneuve (Écosociété)
Dernière parution de l’essentielle collection documentaire jeunesse « Radar », Les différences invisibles se présente à la fois comme le témoignage de son autrice, qui a découvert sa propre neuroatypie dans la trentaine, et comme un guide destiné à celles et ceux qui ont reçu un diagnostic ou souhaitent mieux saisir la réalité derrière ces étiquettes trop souvent banalisées. Au fil des pages, Maude Nepveu-Villeneuve s’emploie à démystifier et à déconstruire les préjugés, avec un objectif clair : expliquer la neurodivergence autrement que comme un manque face à une norme. La lecture de cet ouvrage a quelque chose de salutaire puisqu’elle invite non seulement à comprendre, mais aussi à accueillir la diversité. Une diversité qui, comme le rappelle l’autrice, est essentielle au bon fonctionnement d’une société saine qui, comme tout écosystème, a besoin de la variété des espèces qui le composent pour prospérer.
Entrevue à découvrir ici
Nous traverserons des orages
Anne-Laure Bondoux (Folio)
Il ne m’a fallu qu’une seule ligne de L’aube sera grandiose pour tomber sous le charme de la plume d’Anne-Laure Bondoux, qui excelle à mettre en lumière ces petites histoires qui, sans bouleverser la grande, façonnent pourtant la trajectoire de celles et ceux qui les porteront en héritage. Avec Nous traverserons des orages, l’autrice récidive de prouesse et signe une fresque familiale saisissante, parcourant la France de la Première Guerre mondiale jusqu’aux années 2000. De père en fils, ce sont la dureté et la honte qui se transmettent à celui dont la naissance porte déjà la marque des choix, des blessures et des défaites de ses prédécesseurs. Chapitre après chapitre, alors que les années et les destins défilent au rythme des fatalités, une question s’impose : est-il possible de briser le cycle? D’abord écrit pour un public jeune adulte, ce roman transcende toutefois les âges par la force de ses émotions et la profondeur universelle de son message.
Une brève histoire de l’espoir
Mathieu Bélisle (Lux)
Un essai important, qui se lit comme la réponse d’un père à sa fille et qui pourrait tout aussi bien répondre aux interrogations de bien des gens face à l’état actuel du monde : « Papa, est-ce que c’est vrai que le monde va brûler? » Lorsqu’on est confronté à la froide réalité de ce qui se profile et à l’impossibilité de se réfugier entièrement dans la nostalgie d’un passé révolu, comment continuer à avancer sur le fil sans basculer dans le défaitisme? Mathieu Bélisle n’offre pas de solution clé en main, mais chacun des fragments qu’il propose dans cet ouvrage jette un éclairage différent sur cette vertu humaine, salutaire entre toutes, qui nous relie dans notre volonté de construire un monde plus pérenne. À lire pour continuer à nourrir cette lueur d’espoir si précieuse et pour réfléchir activement à la suite du monde.
Chronique à lire ici
Nostalgies : 100 desserts rétros revisités
Philippe Dickey et Antoine Goulet (L’Homme)
Avec sa facture délicieusement rétro, ce livre de recettes nous entraîne dans un voyage gourmand où les saveurs d’hier se réinventent sans rien renier de leur charme d’antan. Du souvenir du peppermint rose dans la bonbonnière des grands-parents transformés en biscuit, à celui des pattes d’ours glissées avec amour dans la boîte à lunch et offertes ici dans une version revampée, l’ouvrage marie avec finesse le réconfort de la mémoire gustative, un heureux mélange de crème de menthe et de Passion Flakie, à une créativité résolument contemporaine. Un livre parfait autant pour les pâtissiers amateurs que confirmés, ou simplement pour tous ceux et celles qui ont envie d’une petite touche de nostalgie avec leur renversé aux ananas.
Les choix d’Alexandra Mignault
Directrice de la production de la revue Les libraires
Architectures de la joie
Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon (Marchand de feuilles)
Dans cette correspondance, Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon convoquent la joie, tissent une amitié qui « ne ressemble à aucune autre », amorcée après une rencontre aux Îles-de-la-Madeleine. Les lettres qu’ils s’échangent sont comme des parenthèses dans leur vie mouvementée, des bouffées d’air salvatrices dans leur quotidien. Avec vulnérabilité, douceur et force, ils se racontent, se confient avec une franchise désarmante conférant à l’ensemble une authenticité indéniable. En s’écrivant, ils résistent, s’engagent, s’enracinent, s’émerveillent de ce qui les entoure, habitent le monde, en embrassant tout, même ce qui est plus douloureux. Cette lecture émouvante et vibrante fait du bien; elle nous donne le goût de poursuivre la même quête de sens, de beauté; elle nous incite à célébrer l’existence et à chercher la joie nous aussi, à aiguiser notre regard. C’est poétique, profond, sensible et lumineux.
Il faut beaucoup aimer les femmes qui pleurent
Martine Delvaux (Héliotrope)
La romancière et essayiste Martine Delvaux nous entraîne dans une quête intime et personnelle alors qu’elle revisite une rupture amoureuse qu’elle a racontée dans Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage. Comme elle avait alors maquillé la vraie histoire, elle tente maintenant de la rectifier en replongeant dans ses souvenirs de cette relation foudroyante qui a laissé des traces. Mais jouer avec le réel, le trafiquer, n’est-ce pas justement l’essence de l’écriture? « Même aujourd’hui, en écrivant cette histoire pour arriver au bout des choses, en la réécrivant pour sortir du mensonge, je mens encore, je continue à mentir parce qu’il le faut, parce qu’écrire c’est mentir, impossible de faire autrement, toujours il y a cette loi, tacite, qu’on ne peut pas tout dire, que tout dire est dangereux, pour soi et pour les autres, et puis, quel intérêt? À quoi ça servirait de dire toute la vérité, rien que la vérité? » Ce livre brillant sonde notamment la création, le pouvoir réparateur de la littérature ainsi que les frontières de la vérité.
Toi comme hier
Marianne Marquis-Gravel (Leméac)
Dans son premier récit, Dans la lumière de notre ignorance, Marianne Marquis-Gravel témoignait de l’onde de choc qu’avait provoquée le diagnostic d’une tumeur au cerveau incurable, dont souffrait son amoureux, l’écrivain Simon Roy. Chaque moment que le couple passait ensemble, déjouant les pronostics, repoussant l’inéluctable, rendait la vie d’autant plus précieuse, intense, fulgurante. La mort qui planait alors n’éclipsait pas encore la lumière. Dans la suite, Toi comme hier, les derniers mois avec la maladie, la journée fatidique du départ, ainsi que l’après sont racontés. Alors que Simon n’est plus là, Marianne doit apprivoiser son absence, en découdre avec le deuil, reconstruire le quotidien sans lui. À la fois d’une puissante beauté et d’une infinie tristesse, ces œuvres, qui immortalisent leur histoire, nous happent, nous enserrent le cœur.
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Cindy_16
Louis-Daniel Godin (La Peuplade)
Après Le compte est bon, une œuvre inventive et originale, Louis-Daniel Godin revient avec Cindy_16, un autre livre envoûtant au souffle et au rythme impressionnants. Dans ce deuxième roman, il s’attarde plus longuement à un chapitre de l’ouvrage précédent. Le narrateur essaie de suivre le fil d’une ancienne histoire amoureuse qui s’est échelonnée sur deux ans, entamée quand il avait 17 ans, avec un homme de 37 ans — qui disait en avoir 27. Bien après leur rupture, il apprend que ce dernier a commis des crimes sexuels et leurré des mineurs. Il détricote ses souvenirs, tourne autour, multipliant les fines observations pour tenir le compte à nouveau. Il essaie encore de repartir à zéro, pour être quitte, pour se délester de ses doutes et de la honte liée à cette relation qui continue de le troubler.
Implosion
Laurence Florisca Rivard (Héliotrope)
Sébastien, un populaire joueur de tennis, est accusé d’agressions sexuelles par plusieurs femmes. Dans ce roman polyphonique percutant, Laurence Florisca Rivard donne la parole aux victimes collatérales. Trois personnes qui gravitent autour de Sébastien – sa mère, son ami et sa blonde – relatent comment elles vivent ces dénonciations qui engendrent son lot d’incertitudes, d’incompréhension, de culpabilité et d’impuissance. Que se passe-t-il quand celui qu’on aime n’est finalement pas celui qu’on croyait? Implosion, c’est une œuvre d’une grande justesse, un livre nécessaire qui nous bouscule.
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