Dilemme cornélien
JP Delaney (La fille d’avant) est l’équivalent littéraire du sac de pistaches. Ce qui vaut mieux, nutritivement parlant, que le sac de chips. Bref, vous l’ouvrez et, chaque fois que vous vous dites que c’est assez, vous flanchez et vous poursuivez pour un autre chapitre (ou une autre poignée). Il en va ainsi de Tu nous appartiens, où les parents d’un bambin de deux ans apprennent d’un inconnu, père d’un gamin du même âge, que leurs bébés ont été échangés à la naissance. Depuis 24 mois, ils prennent soin de l’enfant de l’autre couple. Que faire ? Les liens du sang prévalent-ils sur les liens créés par le temps ? Il est ici question de l’inné et de l’acquis, de dépression post-partum, de classes sociales, de manipulation. Et c’est fascinant. Jusqu’à ce que le drame psychologique et familial cède le pas, dans le dernier tiers, aux gros sabots et aux grosses ficelles. Faciles à suivre, mais peu crédibles. Il reste toutefois la situation de départ et les questions qui en découlent. Elles, captivantes.
Sonia Sarfati
Tu nous appartiens
★★★
JP Delaney, traduit par Jean Esch, Mazarine, Paris, 2023, 430 pages
La présence de l’absente
Lisa Gardner publie avec la régularité d’un métronome des polars qui divertissent aussi efficacement qu’ils s’oublient rapidement. L’été d’avant, dans lequel elle laisse de côté ses enquêtrices Quincy et Warren, possède la même efficacité, mais il reste plus longtemps en mémoire. L’intrigue se déroule dans un quartier chaud de Boston, où Frankie, louve solitaire qui en a bavé
[...] continuer la lecture sur Le Devoir.






