« On dit parfois qu’on retombe en enfance. C’est peut-être ce qui m’est arrivé, maintenant que je suis libre de ne plus travailler », suggère Robert Lalonde, adoptant une posture qu’il reconnaît comme fondamentale : celle de la personne qui interroge. Alors que paraissent ses derniers carnets, On est de son enfance, Le Devoir l’a rencontré en visioconférence.
Ç’aurait été tellement plus envoûtant de le retrouver dans son nouveau nid de North Hatley, qui campe le décor poétique de ses réflexions, mais la forêt entière est là, dans son regard et dans ses mots, prête à livrer ses beautés : « C’est vertigineux, la nature. C’est incohérent. C’est d’une violence extraordinaire par moments et d’une douceur inouïe en d’autres occasions. Et il me semble qu’on est justement constitué comme ça, alors pourquoi on a tant de mal à accepter nos incohérences, alors que la nature ne se gêne pas ? » se questionne l’auteur.
Ses paroles offrent un condensé de ses carnets, où l’errance de l’écriture retrouve les réflexes et l’état d’esprit de son « enfance sinueuse et éclectique » pour célébrer la sagesse ancestrale du vivant qui nous entoure. Dans un contexte d’hyperconnectivité et d’étalement urbain, la proposition paraît presque radicale, et pourtant, elle est d’une douceur solaire.
En réinstaurant la primauté de la nature, où la temporalité est dictée par le rythme du vivant et le cycle des astres, Robert Lalonde inscrit la charpente de son oeuvre dans l’humilité du grand tout : « Mon moteur d’écriture puise dans cette volonté de remettre au premier plan les lois naturelles
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