Il y a 37 ans, fuyant la dictature militaire de Pinochet au Chili, Caroline Dawson et sa famille ont rejoint le Québec. C’était Noël et la jeune fille de sept ans a eu la nausée pendant tout le voyage. Le récit qu’elle en a fait dans son roman d’autofiction, Là où je me terre, a bouleversé la province — et bien au-delà — à sa sortie en 2020. Mais elle n’avait pas fini de nous raconter.
L’écrivaine, enseignante, sociologue et chroniqueuse fait paraître Partir de loin, un album jeunesse dans lequel la jeune Caroline, venue de loin, arrive dans ce pays enneigé où « il lui faudra tout réapprendre ». Tandis que le pays, dehors, cherche sa neige, Le Devoir l’a rencontré en visioconférence, pour discuter de cette publication attendue.
Cahier de retour au pays de l’enfance
Les gens qui font, qui défendent ou qui lisent la littérature jeunesse doivent souvent combattre l’indécrottable idée reçue selon laquelle il est plus facile de rejoindre un jeune public qu’un public adulte. Même si l’autrice signe ici un premier titre jeunesse, elle en connaît néanmoins les rouages, pour avoir été coorganisatrice du Festival de littérature jeunesse de Montréal. Elle a aussi traduit l’album de son amie Beatriz Carvalho, Anélis et la mer (Isatis, 2020), qui explorait, dans une langue poétique, la réalité de ces enfants forcés à l’immigration.
Ainsi, approchée par Jade Bérubé, éditrice aux Éditions de la Bagnole, elle a d’abord refusé de se lancer dans l’aventure : « Initialement, j’ai dit non au projet. Écrire pour les enfants, ça
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