Image

«Poubellocène»: mettre des vies au rebut

Source : Le Devoir

Les déchets sont partout. Chaque année, les êtres humains en produisent plus de deux milliards de tonnes ; une quantité astronomique qui contribue à forger, au milieu de l’océan, un cinquième continent, et à envahir les déserts des pays du sud de montagnes de vêtements, d’invendus et de produits gaspillés.

Dans l’essai Poubellocène. Chroniques de l’ère des déchets, l’historien italien Marco Armiero analyse cette tendance mondiale du « jeter à tous vents » dans une perspective sociologique, écartant ainsi la production des détritus eux-mêmes et ses conséquences sur la planète et les écosystèmes, se concentrant plutôt sur le système socio-économique qui la soutient.

L’essayiste, également professeur à l’Université autonome de Barcelone, oppose ainsi le terme « poubellocène » à celui, débattu depuis une quinzaine d’années, tant dans le domaine sociologique que géologique, d’« anthropocène », un terme fourre-tout désignant l’époque caractérisée par l’influence significative de l’être humain sur la géologie et les écosystèmes, offrant ainsi un contrepoids à sa dimension universaliste.

Selon le concept de « Poubellocène » élaboré par l’auteur, ce seraient donc les déchets qui constitueraient le marqueur géologique caractéristique de notre époque, pas tant par leur omniprésence que par leur rôle de vecteurs de « rapports socioécologiques voués à [re] produire l’exclusion et les inégalités ».

Pour expliciter son propos, il donne l’exemple du naufrage du Titanic. « Le 14 avril 1912, au moment où le Titanic entrait en collision avec un iceberg, le fait de voyager en première ou en troisième classe allait déterminer lesquels des passagers survivraient. » Selon l’auteur, le monde d’aujourd’hui serait encore divisé entre ceux qui s’en tirent aisément, et les

[...] continuer la lecture sur Le Devoir.

Dans cet article

Titre: Poubellocène

No books found for your query.

Palmarès des livres au Québec