Tout commence en 2004 alors que Caty Bérubé crée Pratico-Pratiques, une entreprise d’édition culinaire consacrée à la publication de magazines. Elle prend peu à peu de l’expansion et en 2015, l’occasion de proposer un premier livre se présente. Pratico Édition Cuisine est née. De fil en aiguille, des projets de fiction lui parviennent, puis d’autres destinés à un public jeunesse, tous propulsés sous la bannière Pratico. En février 2026, la maison décide d’ajouter une ramification spécifique pour ses ouvrages de fiction et de développement personnel en inaugurant Aurea, la toute nouvelle venue, question de bien mettre en valeur les talents qu’ils recèlent. De onze employés en 2005, elle en compte maintenant plus d’une centaine.
Lorsqu’on entre chez Pratico, situé sur le boulevard Wilfrid-Hamel à Québec, on pénètre dans un univers insoupçonné. D’abord, on est accueilli par un sourire et on nous offre de mettre notre manteau au vestiaire. Vient ensuite l’invitation à prendre un café. Dès qu’on s’avance un peu plus, on est ébahi par l’ampleur des locaux. Des gens s’affairent, éditrices, graphistes, directeurs, chacun et chacune devant sa table de travail ou en comités collaboratifs. Nimbés d’une lumière feutrée, les lieux bourdonnent sans être assourdissants. Un peu plus loin, on entre dans une grande cuisine où les chefs testent plus d’une fois les plats qui feront l’objet d’un prochain livre, s’assurant du goût, ajustant au besoin, pendant que photographes et stylistes peaufinent la présentation.
PDG de Pratico Édition depuis juillet 2024, Jean Labranche apparaît comme un petit nouveau dans la maison, mais détient une expérience de taille. Pendant quinze ans, il travaille au journal Le Soleil avant qu’un élan entrepreneurial le mène à acheter le resto-pub-microbrasserie Le Roquemont dans la région de Portneuf. Après une pause, il lance une boîte de consultation en gestion, puis on l’approche pour reprendre les rênes de Pratico.

C’est alors qu’il rencontre Caty Bérubé, la fondatrice. « On a eu ce qu’on appelle entre nous un coup de foudre professionnel. J’ai adoré l’entreprise. J’ai vu, même si on est dans un monde qui n’est pas en forte croissance, qu’il y avait quand même un potentiel très intéressant de diversification. Alors, c’est le défi qui m’a appelé. »
Des liens filiaux
Jean Labranche est visiblement très heureux d’être là pour nous entretenir d’Aurea, la part développement personnel et fiction de l’entreprise, cette dernière se concentrant sur les genres de la romance, du fantastique et du suspense, en plus de comporter un volet jeunesse. La ligne éditoriale se distingue par le désir de promiscuité avec ses lectrices et ses lecteurs, qu’elles et ils puissent tous les jours être portés par des histoires qui les exaltent, les amènent ailleurs, les font grandir.
D’ailleurs, cette envie d’établir des liens étroits s’applique à toute l’entreprise. « L’ADN du Groupe Pratico a toujours été grand public. On veut faire une différence dans la vie des gens. » Pour ce faire, la proximité se situe dans les valeurs premières de la maison, tant du côté du lectorat que de celui des employés ou encore des auteurs et des autrices.

L’image d’une grande famille plaît beaucoup au président. La créatrice de Pratico, Caty Bérubé, demeure présente dans l’aventure. Elle agit à titre de vice-présidente exécutive et apporte un accompagnement tant sur le plan stratégique que celui du contenu. « C’est aussi une forme d’expertise du passé qu’on ne veut pas perdre. » Une famille, ça ne se défait pas.
La flamme de l’entrepreneur chez Jean Labranche n’est décidément pas éteinte. Rien ne le préparait à un jour diriger une maison d’édition, pourtant il semble ne rien regretter. Pour celui ou celle qui voudrait s’y risquer, il avoue que c’est un milieu plutôt corsé. « J’oserais lui conseiller de faire ses armes, peut-être, et d’aller prendre de l’expérience, parce que c’est un monde dans lequel il y a beaucoup de particularités. Moi, j’ai eu la chance d’arriver chez Pratico avec une équipe en place qui connaissait le monde de l’édition, qui connaissait le monde de la diffusion. » Il ajoute l’importance de justement bien s’entourer et de chercher des alliés, des partenaires qui sauront complémenter ses propres forces et combler celles qui nous manquent.

Dans ce même esprit de faire front commun qui anime l’entreprise, il souhaite à Aurea qu’elle puisse prendre son envol et s’émanciper aux côtés des autres sphères du Groupe Pratico. L’univers de l’édition, on l’a dit, n’est pas simple, surtout aujourd’hui où les changements s’effectuent à une vitesse grand V. « Le défi principal qu’on vit, c’est la transformation ultra rapide du marché et des habitudes de lecture. Donc, on doit être très agiles, être très flexibles et se réinventer. »

Mais aucun doute que le cœur est à l’ouvrage. Jean Labranche et son équipe font preuve d’audace, de passion et d’instinct. Cela se reflète dans le choix des manuscrits qui, après avoir été présélectionnés par un corps éditorial aguerri, sont lus par le comité de lecture comprenant différentes personnes du Groupe Pratico, permettant ainsi de prendre le pouls des réactions et d’entendre les commentaires et les impressions de tous. « Ça demeure un exercice qui est quand même subjectif, mais on tente de mettre la main sur les plus beaux trésors. »
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Aurea inclut une proposition pour un public adulte, mais la jeunesse n’est pas laissée-pour-compte. Outre les romans et une offre young adult, deux collections invitantes sont proposées : Zanimo (6 à 8 ans) et Lugubre (9 à 14 ans).
Parmi ses plus récentes publications, Aurea fait paraître Le rose gagne toujours : Une histoire vraie de survie et de succès écrit par nulle autre que la désormais célèbre Avocate Rose (Megan Lynch). « Plus qu’un récit personnel, c’est un appel puissant à oser, à rêver grand et à s’assumer pleinement. »
Le premier livre à figurer sous la nouvelle étiquette Aurea est Comme la poussière de la primo-romancière Sarah Fortin. Paru le 23 février dernier, il nous fait connaître Antoine qui, ayant décidé à l’aube de l’âge adulte de partir seul sur la route afin de prendre du recul sur sa vie, se retrouve une décennie plus tard questionné par la police sur ce qui s’est réellement passé lors de ce voyage à la visée rédemptrice.

Photos : © Pratico Édition




